‹ L'église et la question socialeChapitre 13 sur 42 · ÉGLISE · texte numérisé non relu

ÉGLISE

Qui oserait dire que dans nos grandes villes où nous voyons s'épanouir un luxe babylonien, que dans nos cités industrielles où l’âme est attristée par le spectacle d'ouvriers hâves, déguenillés, et de familles condamnées à une existence pire que celle des bêtes de somme, qui oserait dire que ce cas est métaphysique?

Pour mon compte, j'ai la conviction basée sur une expérience personnelle, qu’il se produit bien plus souvent qu’on ne croit.

Quelle terrible accusdtion contre l’ordre social actuel, fruit d’ur égoïsme monstrueux. Sauf ces cas, le devoir est un devoir de charité chrétienne, dont on ne peut par conséquent « pourfsuive l’accomplissement par les voies de la justice humaine ». Il n’en est pas moins strict, parce qu’«au-dessus des jugements de l’homme et de ses lois, il y a la loi et le jugement de Jésus-Christ notre Dieu ».

Aux déshérités de la fortune, l'Église apprend le mérite de la pauvreté, la noblesse du travail, et elle leur offre en exemple Jésus- Christ, pauvre et ouvrier. C’est l’une des grandeurs du christianisme que d’avoir fait luire cet idéal, et quel idéal, au milieu des tristesses et des abaïssements du réel, et quel réel! Je voudrais bien savoir ce que nos politiques et : nos économistes pourraient mettre à la place de ces espérances qui ne sont pas des illusions,

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et de ces consolations qui se transforment en lumière et en forces.

Aussi bien ce que l’Église a enseigné, elle l’a pratiqué. Elle peut invoquer avèéc confiance l’histoire et montrer de la main à ses détracteurs un passé qui chante ses bienfaits. Si les hommes se taisaient, si leurs cœurs ingrats ne savaient plus parler, les pierres elles-mêmes crieraient, je ne dis pas seulement les pierres de nos cathédrales — ces maisons du peuple — et de nos hôpitaux, des Hôtels-Dieu, quel beau nom! Je dis aussi, je dis surtout, les pierres de ce grand édifice social bâti sous l'inspiration des enseignements et du cœur de l'Église, et qui pendant de longs siècles a abrité sous ses voûtes une humanité — non exempte de misères à coup sûr — mais qui avait la conscience de la véritable fraternité, parce qu’elle sentait un père au-dessus de sa tête, Dieu, et une mère près de son cœur, l’Église.

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