‹ L'église et la question socialeChapitre 16 sur 42 · M. Méry. Congrès de Liège, p · texte numérisé non relu

M. Méry. Congrès de Liège, p

e botte et Dar 'hesSe seraient insoutena-

Tr

bles.

Le pape traite la question avec la plus grande netteté. Il expose d’abord la théorie de la liberté du contrat. « Le salaire, ainsi raisonnet-on, une fois librement consenti de part et

d’autre, le patron en le payant a rempli tous

ses engagements, et n'est plus tenu à rien. Alors seulement la justice se trouverait lésée, si lui refusait de tout solder, ou l’ouvrier d’achever tout son travail et de satisfaire à ses engagements ; auxquels cas, à l’exclusion de tout autre, le pouvoir public aurait à intervenir pour protéger le droit d’un chacun ».

Le pape n’adopte pas ce système. « Pareil raisonnement, dit-il, ne trouvera pas de juge iné-

quitable qui consente à y adhérer sans réserve,

car il n'embrasse pas tous les côtés de la question et il en omet un de fort sérieux ». Léon XIII alors développe la vraie doctrine et met en pleine lumière les arguments sur lesquels elle s'appuie. On ne peut rien retrancher de ce texte si substantiel et si lumineux: « Travailler, c'est exercer son activité dans le but de se procutrer ce qui est requis pour les divers besoins de la vie, mais surtout pour l'entretien de la vie elle-même. 7% mangeras ton pain à la sueur de ton front. C’est pourquoi le travail a reçu de la nature comme ure double em-

Pascar. — Sur l'Éncyclique. — 4:

© ———————— ————— —————————————— ALT ON L so .… ÉGLISE

a — = ue à RE

preinte : ilest personnel, parce que la force active est inhérente à la personne et qu’elle est la propriété de cé olexercoblqui.l'aires çue pour son utilité ; il est nécessaire parce que l’homme a besoin du fruit de son travail pour se consétver son existence, et qu'il doit la conserver pour obéir aux ordres irréfragables de la nature. Or, si l’on ne regarde le travail que par le côté où il est personnel, nul doute qu’il ne soit au pouvoir de l’ouvrier de restreindre à son gté le taux du salaire ; la même volonté qui. donne le travail peut se contenter d’une faible rémunération ou même n’en exiger aucune.

« Mais il en va tout autrement si au caractère de personnalité on joint celui de nécessité dont la pensée peut bien faire abstraction, mais qui n’en est pas séparable en réalité. Et en effet, conserver l’existence est un devoir imposé à tous les hommes et auquel ils ne peuvent se soustraire sans Crime, Or, de ce devoir découle nécessairement le droit de se procurer les. choses nécessaires à la subsistance, et que le pauvre ne se procure que moyennant le salaire de son travail ». Et voici la conclusion dont il faut peser tous les termes. « Que le patron et l'ouvrier fassent donc tout et telles conventions qu’il leur plaira, qu'ils tombent d'accord notamment sur le chiffre du salaire, au-dessus de leur libre volonté il est une loi

Page 1