‹ L'église et la question socialeChapitre 24 sur 42 · CE QUE PEUVENT LES INSTITUTIONS DUES À L'INI · texte numérisé non relu

CE QUE PEUVENT LES INSTITUTIONS DUES À L'INI

TIATIVE PRIVÉE. — LES ASSOCIATIONS PROFES— SIONNELLES. — LES CORPORATIONS.

Dans la dernière partie de son Encyclique le

Saint-Père traite au long, et en entrant dans des

détails pratiques du plus haut intérêt, la question des associations professionnelles.

On ne remédiera aux maux du régime /#d1vidualiste, on ne Ss’opposera victorieusement aux entreprises du régime Pureaucratique que par le régime de l'association, par le régime corporatif.

Les hommes qui vivent sur 18 même territoire, qui exercent une même profession, qui sont voués aux mêmes occupations, ont une tendance naturelle à se rapprocher les uns des autres, pour s’entr'aider, pour se soutenir mutuellement, pour protéger leurs intérêts communs, et pour garantir plus efficacement l’exercice de leuts droits.

Cette tendance naturelle à se grouper d’après ce qu’on peut appeler les affinités professionnélles, tendance que l'histoire nous montre partout et toujours réalisée en pratique sous les formes les plus diverses, a pour résultat l’organisation des différents groupes humains. Le droit d'association, c’est-à-dire d’unir ses forces à celles de ses semblables d’une manière permanente, en vue d’une fin commune et licite, est un droit naturel, et non une pure concession de la loi humaine.

En effet, l’'homme,à cause de ses forces et de ses aptitudes essentiellement limitées, a besoin, pour développer librement ses facultés, et pour

Pasca. — Sur l'Encyclique. — 5,

66 'DÉCLISE

donner satisfaction à son légitime désir de progresser et de se perfectionner dans les différentes sphères où peut s'exercer son activité, de s’unir avec ses semblables, de concerter ses efforts avec les efforts de ceux qui tendent vers la même fin, bref, de former société avec eux. S’opposer à cette tendance, l’entraver dans son essor, enlever à l'homme le moyen d’atteindre son entier développement physique et moral, c’est s'opposer au vœu même de la nature. Mais le droit d'association a ses limites marquées par sa propre fin et par la fin même de la société. Jamais l’on ne pourra reconnaîitre comme légitime une association dont la fin serait contraire à la fin de l’homme, aux bonnes mœurs, à l’ordre public et au véritable bien général. « Encore faut-il, a soin de dire l’Encyclique, qu’en tout cela les pouvoirs publics n’agissent qu'avec une très grande circonspection, pour éviter d’empiéter sur les droits des citoyens etde statuer, sous couleur d’utilité publique, quelque chose qui serait désavoué par la raison. Car une loi ne mérite obéissance qu’autant qu'elle est conforme à la droite raison et à la loi éternelle de Dieu ». À cette occasion le pape s'élève avec une grande vigueur contre les persécutions qui attaquent les congrégations et les confréries religieuses, et contre les spoliations aussi funestes qu’iniques dont

as " ke \ AL | HONTE à à Se

Page 1