‹ L'église et la question socialeChapitre 25 sur 42 · ENT · texte numérisé non relu

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elles sont victimes ; « d’autant plus qu’on frappe de prosctiption les sociétés catholiques dans le temps même où l’on affirme la légalité des sociétés privées, et que, ce que l’on refuse à des hommes paisibles et qui n’ont en vue que l'utilité publique, on l’accorde, et certes très largement, à des hommes qui roulent dans

leur esprit des desseins funestes à la religion . tout à la fois et à l'Etat ».

Les besoins de l’homme étant variés, ses tendances, ses occupations, et par conséquent les occupations auxquelles il se livre étant diverses, il est clair qu’il pourra se former autant de groupes, autant de classes sociales, qu'il y a d'intérêts et de droits généraux à garantir et à promouvoir. Dans le sein de ces vastes associations elles-mêmes, prendront naturellement naissance d’autres groupes inférieurs. Sans entrer dans le détail, nous pouvons dire que le caractère général de ces associations est de constituer un organisme vivant, un Vrai corps social, organisé, hiérarchisé, autonome : de là le nom de corporations donné à ces groupes, et de régime corporatif appliqué au système social qui regarde la société non comme une collection d’atomes mécaniquement juxtaposés, mais comme un ensemble de groupes vivants, harmonieusement coordonnés en vue de la fin générale. Comme un organisme physi-

que peut être défini : « un corps composé de parties diverses, unies par un principe intérieur de vie, dont chacune jouit d’une autonomie relative et remplit la fonction qui lui est propre, en même temps qu'elles sont toutes intimement et harmoniquement reliées entre elles et avec le tout vivant », ainsi l’on peut dire qu’un organisme moral et social est une société publique, un corps moral permanent composé de patties diverses, unies par l’accord des esprits et des cœurs, par la communauté des devoirs, des droits, des intérêts, jouissant chacune d’une certaine autonomie et de l’activité libre qui lui est propre, toutes solidement et harmonique-. ment reliées entre elles et au tout social.

Dans l’ordre économique, les corps sociaux bien constitués sont un obstacle naturel à l’envahissement de l’individualisme et des maux qui l’accompagnent fatalement. En effet, le régime corporatif appliqué au monde du travail : . LAN ce qui touche les travailleurs! 214) leur garantit la sécurité du lendemain en favorisant la permanence des engagements; b) la dignité de la vie, le respect dufoyer domestique et de la famille ; c) la juste rétribution d’un travail humainement mesuré à leurs forces; d) il fait régner la justice en interdisant par des règlements la concurrence déloyale; e) il assure la paix de l’atelier par l'établissement d’autorités

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arbitrales, de conseils et de tribunaux corporatifs ; f) il protège.l’ouvrièr contre les conséquences des accidents, de la maladie, de la vieillesse, du chômage involontaire, par la constitution d’un patrimoine corporatif et de caisses de secours; 9) il lui facilite l'instruction professionnelle, le crédit en dehors de toute exploitation usuraire, l’accession à la possession du capital et à la propriété.

2° En ce qui touche les consommateurs, il garantit leurs intérêts par le contrôle des syndics sur les produits fabriqués, tant au point de vue de la façon que des fournitures et du Dit. ,

3° En ce qui touche la société tout entière : a) il prévient les haines entre les diverses classes, et empêche la prépondérance exclusive d’une classe au détriment d’une autre; b) il fournit les éléments d’une véritable représentation professionnelle aux différents degrés dans l’ordre politique : dans la commune, dans la province, dans l'État. Pour que le régime corporatif porte tous ses fruits, 1l faut : 1° (l’expérience en fait foi) que la puissance d’union, de fraternité et de solidarité qu’il porte en luimême, soit fortifiée, consacrée, fécondée par l'esprit religieux. Le pape insiste sur ce point capital ; sans l’esprit religieux, l’égoïsme, l’intérêt, la cupidité séparent bientôt ceux dont le

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