Matth. x1x
4, Luc:M,,24-25. |
$. Licitum est quod homo propria possideat, Et estetiam recessarium ad humanam vilam.
S. Thom. Il-1, Quæst, LXVI, a, 2,
DS
telle sorte qu’il en fasse part facilement aux autres dans leurs nécessités. C’est pourquoi l’Apôtre a dit : 1'ivitibus hujus sœculi præcipe facile tribuere, communicare (1), — ordonne aux riches de ce siècle... de donner facilement, de communiquer leurs richesses.
Nul assurément n’est tenu de soulager le prochain en prenant. sur son nécessaire ou sur celui de sa famille, ni même de rien: retrancher de ce que les convenances ou la bienséance imposent à : sa personne : Nul en effet ne doit vivre contrairement aux convenances (2). Maïs dès qu’on a suffisamment donné à la nécessité et au décorum, c’est un devoir de verser le superflu dans le sein des pauvres (3). Cest un devoir non pas de stricte justice, sauf les. cas d'extrême nécessité, mais de charité chrétienne, un devoir, par conséquent, dont on ne peut poursuivre l’accomplissement par les voies de la justice humaine. Maïs, au-dessus des jugements de l’homme et de ses lois, il y a la loi et le jugement de Jésus-Christ, notre Dieu, qui nous persuade de toutes les manières de faire habituellement l’aumône : I] est plus heureux, dit-il, celui qui donne que celui qui reçoit (4), et le Seigneur tiendra pour faite ou refusée à lui-même, l’aumône qu’on aura faite ou refusée aux pauvres. Chaque fois que vous avez fait l’aumône à l’un des moindres de mes frères que vous voyez, c’est à moi que vous l’avez faile (s). Du reste, voici en quelques mots le résumé de cette doctrine : Quiconque a reçu de la divine Bonté une plus grande abondance, soit des biens externes et du corps, soit des biens de l’âme. les a reçus dans le but de les faire servir à son propre perfectionnement, et, tout ensemble, comme ministre de la Providence, au soulage-: ment des autres. C’est pourquoi « quelqu'un a-t-il le talent de la. . parole, qu’il prenne garde de setaire; une surabondance de biens, qu’il ne laisse pas la miséricorde s’engourdir au fond de son cœur;
1, Il-17 Quæst. LXV,a. 2,
2. Nullus enim inconvenienter vivere debet. S. Thom. Il-1, Quæst, XXXII, a, 6.