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LA SOLUTION, SOCIALISTE, —: SA RÉFUTATION

Les doctrines et les docteurs qui ont l’ambi-

tion de remédier au mal qui nous dévore ne font pas défaut. En réalité, le choix se pose nettement entre le christianisme et le socialisme, tous les moyens termes sont usés, et nul, sauf quelques attardés qui ressemblent à des revenants d’un autre âge, ne croit plus à la force médicatrice des recettes rationalistes et libérales. Le socialisme exerce une séduction profonde sur l’Âme populaire, qu’on a bien pu arracher au christianisme, mais de laquelle on n’a pu éxtirper les racines des instincts élevés et des instincts grossiers qui se heurtent au fond du cœur de l'humanité.

Tant que le socialisme se perdait dans des rêves communistes et des théories composées des éléménts les plus hétérogènes de sentiment idéal et d’appétit grossier, il n’offrait pas un bien grave danger, et l’on pouvait employer contre

Jui, avec quelques succès, l’arme du persiflage et du ridicule. Maïs ces jours sont passés ; en même temps que la désorganisation économique, fruit d’une liberté sans frein ni règle, étalait sous les regards de tous ses plaies souvent hideuses, le socialisme « armé, suivant le mot de Lassalle, de toute la science de son temps», prenait corps à corpsles doctrines de l’économie dite orthodoxe, les mettait en pièces, et, sur leurs ruines, cherchait à édifier une doctrine vaste, logique, ordonnée ; de rêveur et d’enthousiaste qu’il était tout d’abord, il devenait scientifique et pratique. Il y a plus ; les docteurs ès-sciences rationalistes et libérales avaient enlevé au peuple la foi au véritable Évangile de la délivrance, en la religion du ciel: le socialisme tenta de lui donner une religion purement matérielle, une foi en l’avenir terrestre d’une humanité délivrée de toute misère et débarrassée de toute inégalité.

Le pape ne fait pas œuvre de professeur, il n'entre pas dans une démonstration, à proprement parler, scientifique du socialisme. À une erreur qui heurte les données les plus fondamentales du sens commun, il oppose les éternelles vérités du sens commun. Par un raisonnement simple, clair, accessible à tous, dont les principes sont empruntés à la nature de l’homme et des choses, il fait comme toucher

du doigt 1 faussèté de J’utopie socialiste. L’organe le plus accrédité du vieux libéralisme, fe Journal les Débats, reconnaît que toute cette première partie de l’'Encyclique « serait aussi bien à sa place dans un traité d'économie politique que dans un document émanant du Saint- Siège... Le langage en est très net, très ferme et très sensé ».

Le pape prouve d’abord, et sans peine, que la solution socialiste serait contraire aux ouvriers eux-mêmes. Le socialisme collectiviste n’est pas'autre chose, d’après l’un de ses docteurs les plus autorisés, M. Schæffle, que « le remplacement du capital privé par le capital collectif, c'est-à-dire par un mode de production fondé sur la possession collective de tous les moyens de production, par tous Les membres de la sociéte ». La propriété privée est supprimée, « les biens d’un chacun doivent être communs à tous, et leur administration doit revenir aux municipalités ou à l’Hat ». Ne voit-on pas la conséquence? Il sera désormais interdit à l’ouvrier de transformer le gain deson travail en un fonds qui en serait l’équivalent. « Ainsi, ce sont les expressions mêmes de l’Encyclique, cette conversion de la propriété privée en propriété collective, tant préconisée par le socialisme, n’aurait d'autre effet que de rendre la situation des ouvriers plus précaire

PascaL. — Sur l'Encyclique. — 2.

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