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en leur retirant la libre disposition de leur salaire, et en leur enlevant par ce fait même tout espoir et toute possibilité d'agrandir leur patrimoine et d'améliorer leur situation ».
Quebest, au fond, l'idéal de la:classe ouvrière, idéal que le collectivisme prétend réaliser ? C’est de participer pari passu aux conquêtes de la civilisation, et d'augmenter son bienêtre, les commodités de Ia vie, comme ont fait léautrésiClasses @é:la société) Oreéla suppose deux choses : d’abord le progrès, ensuite la diffusion de ce progrès.
Le socialisme tout absorbé par cette seconde tâche, ne voit pas que son succès tarirait les sources du progrès lui-même. Quelques-uns de ses tenants affirment qu'une économie socialiste augmenterait la production et accélèrerait le progrès ; mais on ne trouve dans les discours et dans les écrits de l’école, aucune preuve solide de cette assertion, et l’expérience que nous avons de la nature humaine nous porte à attendre un résultat contraire. Si vous pensez que dans une organisation, où une administration d’État, toujours plus ou moins négligente, plus ou moins lourde dans ses procédés, serait substituée au zèle intéressé, à l'œil vigilant d’un travailleur responsable, les stimulants, et par conséquent, l’énergie de la production, seraient les mêmes, je me per-
mets de croire que vous vivez dans le royaume de l’utopie, et que vous avez complètement perdu de vue l’homme tel qu’il est, en chair et en os, que nous avons là sous les yeux. La responsabilité des travailleurs et leur puissance d'acquisition diminueraient également, car, sous un régime socialiste, ils ne pourraient, quel que fût leur mérite, acquérir une propriété dépassant les besoins de leur consommation :
les longs espoirs leur seraient interdits, l’avenir leur résterait fermé; ils devraient dire adieu à cette pensée qui met du feu au cœur de tout homme qui peine, de travailler pour les générations sorties d'eux. Or, l'on ne peut supposer que les ouvriers et employés de l'Etat socialiste soient des anges du paradis : c'est avec la nature humaine que nous connaissons, et dont nous sommes tous pétris, qu'ils devraient se livrer au travail social, et, peut-on se faire sur ce point la moindre illusion, la nature humaine privée de ses stimulants habituels, se laisserait aller à la nonchalance, attendant de la Providence de l'Etat sa ration de vivres. Le résultat certain serait une grande diminution dans la production, qui, coïncidant sans doute avec un rapide accroissement de la population, jetterait la société dans les plus grands embarras, et ne pourrait être évité qu'en recourant à la force, et en
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replongeant l’ hum dans l'esclavage industriel. Or, avec une diminution de production, le progrès ÉconGe A TE est évidemment impossible.
Contraire aux intérêts mêmes des ouvriers, le socialisme, nousditle pape, «est en opposition flagrante avec la justice, car la propriété privéelet personnellé est pour lPhomme \de droit naturel ». |
Le premier titre de l’homme à la brobioerà se trouve dans sa qualité d’ homme, d’être intelligent, auquel le monde matériel et sensible est providentiellement ordonné. En outre : l’homme ayant le devoir de veiller à sa conservation, a par conséquent le droit d’user de tous les moyens nécessaires à cette fin. Ces moyens d'ordinaire sont d’une nature telle que l’objet qui sert à l’un ne peut servir à l’autre. Je dis d'ordinaire; car il y a des moyens que l'usage universel ne peut épuiser: tels sont l'air respirable, la lumière du soleil, etc. C'est donc la terre qui devra pourvoir à l'existence de l'homme, c’est le travail de l’homme qui devra péniblement lui fournir les moyens d'existence et subvenir à des nécessités qui, suivant l'expression du pape «ont de perpétuels retours : satisfaites aujourd'hui, elles renaissent demain avec de nouvelles exigences ». Habent cujusque hominis necessitates, velut perpetuos
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reditus, ila ut hodie expletæ, in crastinum nova imperent. Ces moyens doivent donc se renouveler également; ils sont de leur nature limités et transitoires ; ce qui sert à l’un ne peut servir à l’autre ; tout s’use, tout se consume, et la conservation de notre être est une lutte perpétuelle contre le besoin et la nature : heureusement que la fécondité de la terre et le travail de l’homme qui la cultive sont deux sources inépuisables qui répondent ainsi à des besoins sans cesse renaissants. Le droit d’user de certaines choses, c’est-à-dire de les prendre, de les altérer, de les consommer, bref de les posséder, est en même temps le droit d’en exclure les autres, et ce droit d'exclusion est fondé sur l'indépendance personnelle de chaque homme. Mais pour dissiper bien des équivoques, il faut soigneusement distinguer ici, comme partout dans le droit naturel, deux éléments : l'élément nécessaire et abstrait, fondé . sur la nature spécifique, et l'élément concret et variable qui dépend des faits. Le droit de propriété en général est une conséquence de la nature humaine, de l’humanité considérée en elle-même ; le droit à telle propriété particulière est soumis à une foule de conditions particulières de temps, de lieu, de régimes divers; mais ce qu'il importe de remarquer, c’est que ces conditions parfois très complexes, ces
faits particuliers n'acquièrent de valeur réelle ‘que pat de droit #énemal fondé sur la natures L’occupation, non pas. platonique, si je puis ainsi parler, mais réelle, efficace, se traduisant par un effort, un travail quelconque, est le fait originaite de la prise de possession de tel ou tél biémiimais ee! fait imetrevét Un: Caractère moral et juridique qu'autant qu’on le rattache à la personne humaine, à ses nécessités, à sa dignité, à son indépendance et à son inviolabilité. |
Le droit de propriété est doncun droit naturel, quand 1l s’agit des moyens de conserver la vie : mais ce droit s’étend-il aussi naturellement aux fonds d’où ces pe proviennent?
Comme les effets se rapportent à la cause, ainsi le fruit du travail humain relève de son principe vivant et intelligent. Enlever à quelqu'un le fruit de son travail c’est lui arracher quelque chose de lui-même. Si l’homme a des droits d'auteur sur l'ouvrage de ses mains, il faut que la propriété s’étende aussi et tout naturellement sur les biens fonciers, sur les immeubles; pour produire, la terre a besoin du travail de l’homme, d’une culture assidue, opiniâtre ; alors seulement elle peut indéfiniment fournir aux besoins renouvelés et croissants du genre humain. Ceux qui prétendent avec Mirabeau que’« literre rédevient de sdt@hature
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propriété commune à tous, dès que l’homme a recueilli le fruit de son travail > doivent nécessairement supposer que tous les traaus d'entretien,t et d'améMoition, haies, fossés, drainages, plantations, engrais, etc., ne sont pas nécessaires au renouvellement et à l'accroissement de la fécondité de la terre, ou que les autres hommes ont un droit certain sur les travaux du premier cultivateur. « Ils ne voient donc pas, disons-nous avec le pape, qu’ils dépouillent cet homme du fruit de son labeur; car enfin ce champ remué avec art par la main du cultivateur a changé complètement de nature; il était sauvage, le voilà défriché; d’infécond, il est devenu fertile ; ce qui l’a rendu meilleur est inhérent au sol et se confond tellèement avec lui, qu'il serait en grande partie impossible de l’en séparer. Or, la justice tolèrerait-elle qu’un étranger vînt alors s’attribuer cette terre arrosée des sueurs de celui qui l’a cultivée? De même que l'effet suit la cause, ainsi est-il juste que le fruit du travail soit au travailleur ».
- Mais, dit très bien le Souverain Pontife,« ces droits apparaissent encore plus rigoureux quand on les considère dans leurs relations et dans leur connexité avec les devoirs de la vie domestique. L'homme ïisolé, séparé de toute communication sociale, est une pure abstrac-
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