‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 10 sur 373 · DÉPENDANCE CROISSANTE VIS-A-VIS TE LA ROYAUTÉ · texte numérisé non relu

DÉPENDANCE CROISSANTE VIS-A-VIS TE LA ROYAUTÉ

Au dix-huitième siècle , le conseil du roi pouvait déclarer, sans soulever aucune opposition, que la puissance temporelle, avant d'autoriser la publication des décrets de l'Eglise, a le droit d'examiner la forme de ces décrets, leur conformité avec les maximes du royaume, et d'interdire tout ce qui dans leur publication peut altérer ou intéresser la tranquillité publique. « Il est essentiel, portait l'arrêt royal, d'empêcher qu'on n'agite dans le royaume des questions téméraires ou dangereuses, non-seulement sur les expressions qui peuvent être différemment entendues, mais encore sur le fond des choses. Toutes ces résolutions sont prises pour le bien de la religion et pour celui de l'Etat qui ne se peuvent séparer, et comme le moyen le plus sûr d'affermir l'union qui doit régner entre le sacerdoce et l'empire. » On le voit, l'Eglise gallicane, si riche et puissante qu'elle fût, n'en était pas moins une Eglise d'Etat très dépendante. Nous la louons d'avoir résisté aux entraînements de l'ultramontanisme, nous reconnaissons qu'elle a été ornée de grands talents et d'admirables vertus; sa gloire est inséparable de celle de la patrie, mais elle n'en a pas moins sacrifié plus d'une liberté précieuse au profit de la grande idole française, je veux dire l'Etat. Elle a forgé ou laissé forger pour elle le joug qui devait lui devenir insupportable dès qu'il ne serait plus d'or mais de fer et lui serait imposé par les votes d'une assemblée au lieu de lui être offert par des mains royales1. Nous verrons, en effet, que la Révolution française n'a eu pour asservir l'Eglise qu'à tirer les conséquences des principes posés par Louis XIV et Bossuet. Toujours est-il qu'étroitement associée comme elle l'était au dix-huitième siècle à toutes les iniquités de l'ancien régime, les surpassant même par celles qu'elle provoquait pour son propre compte, l'Eglise de France devait soulever la plus vive opposition, sans s'honorer par de hautes vertus, car rien n'est plus triste que sa situation morale avant le jour où elle se releva par le martyre et se purifia dans son propre sang.

L. Voir ma brochure sur la Liberté religieuse et lu législation actuelle. ISDO. — Voir ;mssi Dupin. Manuel du droit public ecclésiastique français.

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