‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 103 sur 373 · VOTE DE L'ASSEMBLEE · texte numérisé non relu

VOTE DE L'ASSEMBLEE

fallait réclamer quand les premières charges ecclésiastiques du royaume étaient à la merci d'une favorite et non pas au moment où ces abus affreux vont disparaître. Les vrais intrus étaient ces prêtres courtisans. Il est étrange de montrer tant d'indignation alors que le sacerdoce se purifie. On eût pu répondre que ce qui était en question ce n'était pas la nécessité d'une réforme, mais le mode de cette réforme imposée par une assemblée politique. Mirabeau terminait son discours en dénonçant, avec une énergie pleine de colère, les menées du clergé qui, au lieu de chercher à diriger la Révolution par de sages instructions, la combattait ouvertement ou secrètement. Il concluait en renchérissant sur les propositions du comité ecelésiastique. 11 demandait que l'on prononçât la déchéance de tout évêque qui se serait adressé au saint-siége pour se faire investir de son autorité, et de tout ecclésiastique qui aurait protesté contre la constitution civile du clergé; il voulait que les prônes et les mandements fussent soumis à une surveillance sévère, que les évêques et les curés ne pussent choisir leurs vicaires que dans un nombre d'ecclésiastiques déterminé par l'élection populaire, que nul prêtre ne pût . exercer le ministère de la confession sans avoir prêté le serment civique, et que, pour ne pas accroître démesurément un clergé déjà trop nombreux, toutes les ordinations fussent suspendues jusqu'à nouvel ordre. Il est triste de voir jusqu'où la passion du moment et la soif d'une popularité qui baissait ont pu entraîner ce grand esprit si digne de comprendre la liberté au moins par l'intelligence. Nous avons dit qu'il fut trouvé excessif même par la gauche extrême, et que Pétion combattit sa proposition et s'en tint à celle du comité ecclésiastique. Ni la parole mesurée de l'abbé de Montesquiou, ni la fougue de Maury ne purent triompher de l'impatience de l'Assemblée, qui ne voulait admettre aucun retard, parce que tout délai était un hommage à la papauté et une renonciation à son omnipotence. Cependant, au travers de ces incartades provoquantes, Maury avait présenté un argument sérieux : « On vous invite par un seul acte, disait-il, à exercer tout à la fois le pouvoir de l'Eglise, l'autorité de législateur et la puissance du magistrat. S'il est vrai que vous puissiez

Page 1