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IL SANCTIONNÉ LE DÉCRET

au roi d'inaugurer la persécution contre sa propre foi religieuse. L'Assemblée vota que son président se rendrait le lendemain chez le roi pour lui signifier qu'elle ne se contentait pas de l'engagement qu'il avait pris de sanctionner plus tard le décret, qu'elle n'admettait pas même un délai de trois jours qu'avait demandé un membre de l'Assemblée et qu'il lui fallait immédiatement une acceptation pure et simple. Quand le roi l'eut donnée dans une lettre qui était comme son abdication morale, tant elle était empreinte d'humilité, l'Assemblée put croire que le conflit était terminé pour toujours. Elle ne savait pas que ce même jour Louis XVI avait laissé échapper ce mot plein d'amertume : «J'aimerais mieux être roi de Metz que de demeurer roi de France dans une telle position, mais cela finira bientôt *.» Le roi faisait allusion à ses projets de fuite; personne alors ne les soupçonna, si ce n'est le seul Marat, tant la haine donne parfois de clairvoyance 2.

A peine le décret du 27 novembre eut-il été sanctionné, que la majorité de l'Assemblée prit des mesures pour qu'il fût immédiatement exécuté. Elle ne laissa aucune trêve aux ecclésiastiques qui faisaient partie de la députation nationale; elle les somma sans délai de venir prêter le serment à la tribune. C'était montrer clairement que l'on était en pleine guerre et que l'on cherchait uniquement à écraser et à humilier ses ennemis, mais c'était aussi offrir à ceux-ci l'occasion d'un grand triomphe moral en illustrant leur résistance. L'Assemblée élevait elle-même le piédestal de la contre-révolution, car elle provoquait une scène pathétique où l'honneur serait tout entier pour le parti du haut clergé.

Rien ne peut donner l'idée de l'animation extraordinaire de ces fameuses séances dont le retentissement fut si terrible dans le pays. L'émeute à peine contenue grondait aux portes de l'assemblée, les tribunes publiques pliaient sous le trépignement des spectateurs qui jouaient un rôle trop actif dans le drame ;

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