VIOLENCES DE LA GAUCHE
envoient des explications et des atténuations sur lesquelles on passe dédaigneusement à l'ordre du jour1; pour d'autres c'est un moyen de servir des passions haineuses, témoin cet abbé inconnu qui veut qu'on sévisse contre le clergé réfractaire et qu'on le soumette à une sorte d'inquisition*; pour tous c'est un embarras constant, un sujet de querelles envenimées, un ferment d'implacables discordes.
Dans la perspective des vacances que le refus de serment devait infailliblement entraîner dans le cours de l'année 1791, Mirabeau fit décréter par l'Assemblée, après une délibération tumultueuse, l'éligibilité à tous les sièges épiscopaux de quiconque aurait été cinq ans curé en France, et l'éligibilité à toutes les cures de tout prêtre qui aurait eu une fonction quelconque dans le même corps. Le comité ecclésiastique était invité à présenter un projet d'instruction sur la constitution civile du clergé, propre à calmer les passions. Quelques jours plus tard, à l'occasion de troubles religieux assez graves dans le département de la Somme, Barnave, que nous voyons toujours sur la brèche pour combattre le parti des évêques et qui ne veut à aucun prix être dépassé en énergie par Mirabeau, demanda un décret qui fit procéder au remplacement des ecclésiastiques réfractaires; mais il eut le tort très grave, dans un moment où les passions populaires étaient très disposées à suspendre brutalement le droit de réunion et d'association au détriment des catholiques, de dénoncer en termes violents la société politique fondée par les députés de la droite, en la qualifiant de perfide et factieuse association. Ces paroles étaient aussi coupables qu'illogiques dans la bouche d'un ami de la liberté, car elles pouvaient être traduites le soir même en violences regrettables. On comprend qu'elles excitèrent dans une portion de l'Assemblée une indignation qui se manifesta par une sorte d'assaut de tribune. Malouet avait toute raison de protester en ces termes : « Je demande qu'au sein même de la Révolution, au milieu de cette ville qui a vu naître la constitution, qui a tout