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PAMPHLET DE CAMILLE DESMOn.lX-. 169
sion de la constitution civile du clergé : «Les évêques étaient sur le trône et la religion par terre ; la France vient de mettre les évêques en bas et la religion en haut. » Le talent du publiciste éclate, dans ces pages, aussi merveilleux, qu'outrageant. Sur la question de juridiction, il disait plaisamment qu'à entendre Maury, il semblerait que Jésus-Christ, comme Numa, eût prononcé la peine de mort contre celui qui offenserait même légèrement le dieu Terme et déplacerait seulement une borne. Rien de plus sanglant que son morceau sur l'élection cléricale. Il comparait les concordats à l'entente de deux larrons se partageant des dépouilles qui ne leur appartiennent pas. On peut imaginer ce que la feuille des bénéfices lui inspirait d'anecdotes graveleuses et de traits mordants. Il rappelait ce mot profond de Jacques Ier : « Tant que j'aurai le pouvoir de nommer les juges et lès évêques, je suis assuré d'avoir des lois et un évangile qui me plairont. » « Comment nos évêques gouvernaient-ils depuis les concordats? Que leur crosse d'or imitait mal la houlette des apôtres. Vous n'ignorez pas comment saint Ambroise châtia l'empereur Théodose; c'est que cet évêque avait été nommé par le peuple de Milan. Mais citez-moi un évêque de France qui ait reproché à nos tyrans leur fainéantise, leurs cruautés, leurs guerres. Autant les violets étaient jansénistes et fronçaient les sourcils dans leurs diocèses, autant à la cour ils devenaient gracieux, molinistes, tout sucre et tout miel.» En ce qui concernait la demande d'un concile national, Camille Desmoulins disait «que le concile de 1791 ne manquerait pas d'imiter celui de 11 79, qui accordait pour rouler : au doyen rural deux chevaux , à V archidiacre sept chevaux, à l'évêque vingt chevaux, à l'archevêque vingt-cinq chevaux, au cardinal quarante chevaux. Quant au pape, comme les pères du concile tenaient leurs séances dans son palais de Latran, comme ils dînaient à sa cuisine de Latran, ils ne tracèrent point avec leurs crosses l'enceinte de.l'écurie du saintpère, et ils lui permirent d'avoir des haras aussi nombreux que Salomon. Mais, quoique ce fût le temps de la grande richesse du pape, il n'était pas encore assez riche pour avoir autant de chevaux qu'il avait d'ânes dans le concile. » Après une ironique