‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 117 sur 373 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le schisme constitué.— Correspondance avec Rome. — Contre-coup des mesures législatives dans le pays. — Beau débat sur la liberté des cultes à l'occasion de l'ouverture de la première église des insermentés. — Discours de Sieyès et de Talleyrand. — Fin de l'Assemblée constituante.

Nous avons vu que le pape avait retardé l'envoi de sa réponse officielle aux évêques qui l'avaient consulté sur la constitution civile du clergé, tout en donnant clairement à entendre par ses lettres quelle était son invariable détermination. Probablement

11 avait attendu les événements, il eût sans doute désiré qu'un succès soudain de la réaction eût écarté la perspective du schisme que son bref définitif allait constituer. L'affaire d'Avignon venait de s'engagera lAssemblée et il était facile de prévoir quelle en serait l'issue. Le comtat dAvignon et le comtat Venaissin faisaient partie depuis le treizième siècle des Etats du saint-père, mais la possession lui en avait été plus d'une fois disputée par les rois de France, bien qu'elle lui fût toujours revenue en définitive. Au point de vue de l'ancien droit de l'Europe consacré par les actes diplomatiques^ la papauté possédait légitimement le comtat. Mais le droit nouveau fondé sur la souveraineté populaire ne pouvait manquer d'entrer en conflit avec le droit ancien dans cette petite enclave pontificale, asservie au régime du moyen âge au centre d'un pays sur lequel passait le souffle de la rénovation politique. 11 était impossible d'arrêter cette contagion de la liberté. La question fut soulevée dès le

12 novembre 1789 par l'abbé Bouche. Au mois de mars de l'année suivante l'agitation commença à Avignon. Les Avignon-

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