‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 120 sur 373 · RÉPONSE DES ÉVÊQUES · texte numérisé non relu

RÉPONSE DES ÉVÊQUES

lége, mais qu'ils ne le sont plus pour réprimer les abus. Le bref se termine par une violente sortie contre Févêque d'Autun, dénoncé à l'Eglise universelle comme un infidèle pour avoir prêté le serment à la constitution civile du clergé. La rétractation et le martyre de Thomas Becket lui sont opposés tandis que le châtiment d'Héliodore est rappelé aux spoliateurs et aux profanateurs du sanctuaire. L'Assemblée nationale est assimilée à Henri VJ1I. Le pape annonce une prochaine excommunication pour les récalcitrants et conclut en demandant aux évêques s'ils connaissent quelque moyen de prévenir le schisme. Après un tel défi jeté à la Révolution il était insensé d'espérer une réconciliation. Ce bref était accompagné d'une lettre à Louis XVI qui contenait la condamnation explicite de la constitution civile du clergé et qui était parfaitement calculée pour ébranler la conscience timorée du roi. « Votre Majesté, disait le pape, s'est engagée par une promesse déposée entre nos mains à vivre et à mourir dans le sein de la religion catholique et cette promesse était pour nous un puissant motif de consolation. Mais pour vous, Sire, elle va être désormais une source inépuisable d'amertune et de chagrins cuisants, lorsque vous serez instruit que par votre sanction vous aurez détaché de l'unité catholique tous ceux qui auront eu la faiblesse de prêter le serment exigé par l'Assemblée. » Les paroles suivantes de saint Avite à Gondebaud, roi desBurgondes étaient appliquées directement au roi : « Les mouvements tumultuaires n'étaient pas un motif qui dût vous dispenser de rendre publiquement honneur au Créateur de l'univers; c'était même au milieu des fureurs populaires, qu'il fallait faire de vive voix la solennelle confession de la foi que vous protestez être au fond de votre cœur. » Enfin le pape accusait le roi d'avoir manqué au serment du sacre. On comprend combien ces déclarations sévères devaient bouleverser le cœur irrésolu d'un prince sincèrement pieux. Elles hâtaient le moment où toute concession lui serait impossible et où sa résistance tardive et impuissante amènerait la chute de son trône et précipiterait la Révolution dans les dernières violences.

Les évêques députés à l'Assemblée nationale se hâtèrent de

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