‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 121 sur 373 · RÉPONSE DES ÉVÊQUES · texte numérisé non relu

RÉPONSE DES ÉVÊQUES

répondre au pape. Ils ne purent que souscrire à son jugement -sur la constitution civile du clergé. Ils rappelèrent les moyens de conciliation qu'ils avaient indiqués, et qui aboutissaient tous à la convocation d'un concile national. Cependant ils faisaient dans un très bon langage quelques réserves sur les théories politiques du saint-siége, et déclaraient accepter sans scrupule pour leur part les grands principes de liberté et d'égalité mis au frontispice de la nouvelle Constitution de la France. « Nous avons désiré, disaient-ils, d'établir le véritable empire de la liberté politique dans une monarchie héréditaire. On peut étendre ou restreindre l'égalité politique selon les différentes formes de gouvernement. » Les évêques faisaient profession de tolérance pour toutes les opinions dans la vie civile et établissaient avec force la distinction des deux pouvoirs. « La religion touche par un seul point la chaîne des pouvoirs civils et politiques, quand elle enseigne aux chefs des nations la justice et l'humanité. » Ils avaient beau citer Bossuet , ils parlaient un langage bien différent. La politique tirée de l'Ecriture sainte n'était plus leur charte et ils étaient bien en avant de Rome. On n'a pour s'en convaincre qu'à parcourir les notes dont l'éditeur des brefs de Pie VI a enrichi cette réponse des hauts dignitaires de l'Eglise de France. Elles respirent l'absolutisme le plus insensé, tandis qu'en France la conciliation entre la religion et la Révolution était possible sur le terrain du droit et de la liberté. Malheureusement le catholicisme français allait être ramené par la persécution à ses instincts et à ses souvenirs, et l'esprit qui dominait à Rome et qui avait déjà paru dans plus d'un mandement allait le ressaisir comme son mauvais génie. Les évêques signalaient à la fin de leur lettre toutes les difficultés et tous les périls de leur situation : « Quand des serments contraires à nos consciences sont les lois qu'on nous impose ; quand nous sommes traités comme des réfractaires, parce que nons ne voulons pas faire un parjure; quand par un événement qui n'a pas d'exemple, cent vingt-huit évêques sont destitués de leurs sièges, sans démission, sans forfaiture et sans jugement, quels sont les moyens qui nous restent

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