‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 122 sur 373 · BREF DU PAPE SUR LA CONSTITUTION CIVILE · texte numérisé non relu

BREF DU PAPE SUR LA CONSTITUTION CIVILE

pour concilier les principes de l'Eglise avec le vœu de la puissance civile ? » Les évêques rappelaient leur isolement, le droit d'association suspendu pour eux seuls, la liberté accordée à tous excepté aux catholiques fidèles. « Nous subirons notre destinée, ajoutent-ils, quelle qu'elle puisse être, avec le courage que la religion inspire. Elevez-vous , très saint-père , à toute la sagesse et la liberté de votre ministère ; sortez du milieu de ces considérations et de ces convenances privées qui meurent avec nous. Nous occupons un faible point dans le temps, comme dans l'espace, et notre sort ne peut point entrer en balance avec les destinées des empires et les promesses de l'Eglise. Nous savons quels sont les exemples que l'Eglise nous donne et nous avons appris comment on peut souffrir pour elle. Que les principes soient en sûreté ! » Les évêques terminaient en offrant leur démission si le schisme pouvait encore être évité. Certainement cette lettre demeure un beau monument dans l'histoire religieuse de la France ; on y retrouve l'inimitable accent de la conscience chrétienne.

Dès le 13 avril le pape avait donné sa décision définitive dans une lettre à l'Eglise de France, cardinaux, archevêques, évêques, chapitres, clergé et peuple du royaume *. Il y déclare qu'aucun fidèle ne peut plus douter que cette nouvelle constitution du clergé ne soit établie sur des principes hérétiques. Il proteste contre la consécration d'Expilly, nouvel évêque de Quimper, et contre toutes les nouvelles élections, en se fondant sur ce que les Eglises appartiennent à leurs premiers pasteurs. Le pape adressait enfin un appel solennel à tous les catholiques de France et les adjurait au nom de leur salut éternel de demeurer fidèles aux anciennes lois de l'Eglise et au saintsiége !

Désormais toute transaction devenait impossible ; il y avait deux Eglises en France, celle du pape et celle de la Révolution, l'Eglise constitutionnelle et protégée, et l'Eglise réfractaire et persécutée. Pour l'honneur de la première, l'heure de lapersé-

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