DÉMISSIONS NOMBREUSES
cution devait bientôt sonner pour elle, car le régime bâtard qu'elle inaugurait n'était pas viable. D'ailleurs les colères populaires soulevées par la résistance du clergé insermenté ne devaient pas longtemps distinguer entre les deux Eglises, et c'est la religion en soi qu'elles allaient bientôt maudire et proscrire. Sur cent trente et un évêques, quatre seulement acceptèrent la constitution civile du clergé ; une foule de chapitres, de curés et de pasteurs du second ordre envoyèrent leur adhésion au pape
Le mouvement d'opposition prit donc immédiatement une très grande importance. La résistance s'organisa sur tous les points; elle avait été préparée par les mandements des évêques et leurs réponses aux administrations départementales lorsque celles-ci les sommaient de mettre à exécution le décret de l'Assemblée sur la constitution civile du clergé. Aux mandements que nous avons cités il faut ajouter les instructions pastorales des évêques de Boulogne, de Poitiers, de Lyon, de Digne, d'Uzès, de Bayeux, de Soissons, de Sisteron, du Puy, de Grasse et de Trêves. Plusieurs de ces évêques eurent aussi l'occasion de décliner formellement la compétence des autorités civiles 2. Tous maintinrent fermement le droit de l'Eglise et quand l'Assemblée eut voté la destitution générale des évêques insermentés, ils avaient eu le temps de recruter de nombreux et fervents adhérents qui allaient soutenir leur cause en leur absence.
Quatre des anciens évêques étaient seuls décidés à prêter le serment. C'étaient Loménie de Brienne, archevêque de Sens, Talleyrand-Périgord, évêque d'Autun, de Jarente, évêque d'Orléans, et de Savines, évêque de Viviers; ces évêques furent naturellement maintenus sur leurs sièges. On procéda par l'élection au remplacement des autres dans les diocèses maintenus par la loi. Gobel, évêque de Lydda, fut élu métropolitain de Paris. Expilly et Marolles, députés ecclésiastiques furent élus dans les départements du Finistère et de l'Aisne et furent sacrés à Paris par