PRINCIPAUX ÉVÊQUES DU NOUVEAU CLERGÉ
Talleyrand-Périgord ; Grégoire fut élu à Blois, Claude Le Goz à Rennes, Lamourette à Lyon, Moïse dans le département du Jura. Le haut clergé constitutionnel s'était en général recruté d'hommes honorables, mais médiocres de position et de talent. L'évêque le plus éminent était incontestablement Grégoire, ferme caractère, qui ne devait fléchir ni devant les saturnales sanglantes de la démagogie, ni devant les menaces et les promesses du despotisme. Sa nouvelle position était en parfait accord avec ses convictions ; nul n'était plus attaché à la Révolution, il l'aimait avec une exaltation qui pouvait lui inspirer un langage imprudent, mais jamais un acte coupable. Ce n'était au reste ni un grand penseur, ni un orateur éloquent, mais il était taillé en quelque sorte dans ce roc avec lequel on construit solidement une société nouvelle. Il avait la foi et l'héroïsme. Lamourette avait marqué parmi les insignifiants apologistes du christianisme qui avaient essayé au dix-huitième siècle de combattre l'opinion dominante, mais il avait cette bonté terne qui ne laisse pas même une trace dans des temps d'agitation et de lutte. Claude Le Coz s'honora par le courage, qu'il déploya dans la défense des prêtres insermentés, et par son dévouement à la personne du roi. Il défendit avec toute l'énergie d'une conviction sincère la constitution civile du clergé. Quant à l'évêque de Lydda, c'était une de ces âmes sans consistance que les révolutions ballottent à leur gré comme les vagues roulent les algues. Au fond il était, comme nous le verrons, plein de scrupules à l'endroit de la constitution civile du clergé et l'un de ses défenseurs les moins convaincus, et cependant il devait déshonorer à jamais son nom par la plus scandaleuse apostasie *.
Parmi les membres de l'ancien clergé de France qui n'avaient pas quitté leur siège, deux étaient obscurs et pauvres : c'étaient de Jorente, évêque d'Orléans, et de Savines, évêque de Viviers ;
t. Voir sur le clergé constitutionnel le douzième volume de VHistoire de l'Eglise de France, par l'abbé Guettée, p. 254-263, et sur les persécutions contre les assermentés VHistoire de l'Eglise de France sous la Révolution, par Barruel.