‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 125 sur 373 · PREMIÈRES MANIFESTATIONS DU NOUVEAU CLERGÉ · texte numérisé non relu

PREMIÈRES MANIFESTATIONS DU NOUVEAU CLERGÉ

deux étaient célèbres, mais peu considérés : c'étaient Talleyrand- Périgord , homme politique bien plus qu'évêque , qui allait bientôt rentrer dans la vie laïque pour y déployer des qualités peu compatibles avec sa première vocation, et Loménie de Brienne, qui avait été aussi léger comme ministre que comme prélat. Le pape avait reçu de ce dernier une lettre où il faisait pressentir son adhésion à la constitution civile du clergé. Il lui répondit en termes sévères en Faccusant d'infliger à la pourpre romaine le plus grand déshonneur possible par la prestation du serment civique et la consécration de nouveaux évêques. « De tels actes, disait le saint-père sont des crimes détestables. » Brienne répondit en envoyant sa démission de cardinal. Le pape annonça qu'il l'acceptait dans un consistoire secret tenu le 26 septembre 1791. Après avoir énuméré les services rendus à l'Eglise par l'archevêque de Sens le saint-père passait en revue ses actes blâmables et n'hésitait pas à condamner en première ligne ce qu'il avait fait comme ministre pour assurer la tolérance aux protestants. Il lui reprochait d'avoir restauré en partie le funeste Edit de Nantes. Ainsi le saint-siége demeurait l'apologiste de la persécution religieuse, au moment même où il réclamait les libertés de l'Eglise. Il n'était pas de plus sûr moyen de desservir sa cause. Talleyrand avait été nominativement désigné et condamné dans le bref du 10 avril, mais il s'en souciait fort peu, car son ambition dépassait de beaucoup la sphère ecclésiastique. Les élections aux évêchés et aux cures ne se firent pas partout facilement. Dans certaines paroisses il fallut renouveler sept ou huit fois le scrutin, le fanatisme répandait des bruits absurdes ou ridicules. On prétendait qu'au moment de l'élection d'Expilly la foudre avait grondé et que le ciel s'était soudain obscurci le jour de son entrée à Quimper. On parlait de morts subites nombreuses parmi les insermentés. Ceux-ci étaient de plus en plus pour les partisans de l'ancienne Eglise un objet d'horreur et d'effroi.

Les premières manifestations publiques du clergé constitutionnel ne furent pas de nature à relever sa dignité. Le nouvel évêque d'Auch se présenta à la barre de l'assemblée pour lui

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