RIDICULE MANDEMENT DE GOBEL
apporter son hommage1. Il prononça un discours violent contre le clergé réfractaire où il parlait des torches et des poignards du fanatisme. Il le terminait par une apologie pompeuse de sa conduite et une protestation d'attachement passionné à la constitution civile du clergé. « C'est maintenant, s'écriait-il, Seigneur, que vous pouvez disposer de ma vie. » Rien de plus plat que la lettre de Tévêque de Paris au clergé constitutionnel et aux fidèles de son diocèse. Elle est écrite dans le style du siècle, avec la fade sentimentalité qui était de mode partout où l'éloquence était absente. Il y était parlé de la morale pure et précise de Dieu qui repousse les querelles religieuses. « Prêchons à notre troupeau, disait Tévêque, qu'après la loi divine rien n'est plus sacré que la loi de l'Etat, que c'est manquer à la première que de ne pas obéir à la seconde. » Ainsi tout ce qui est donné à César est donné à Dieu ; il n'y a ni distinction, ni réserve. La France avait trouvé du premier coup le modèle des fonctionnaires religieux. Gobel se surpassa lui-même dans le mandement qu'il publia à l'occasion de la mort de Mirabeau et où selon ses propres expressions il épancha son âme ingénue. 11 regrette amèrement de ne pouvoir chanter le cantique national Ça ira, ça ira, à l'occasion du rétablissement du grand homme auquel il doit « d'exercer canoniquement sur les bords fleuris de la Seine, le ministère qu'il exerçait tristement et sans gloire dans les roches et les neiges éternelles de la Suisse, car c'est la main pure de Mirabeau qui Ta placé sur le siège de Paris. » « Qui eût jamais pensé, s'écrie-t-il avec componction, qu'un vénérable archevêque serait proscrit pour faire place à Gobel! Que le talent du grand homme que nous pleurons aujourd'hui brille avec éclat dans cet admirable ouvrage ! » A cette pensée la sensibilité de Tévêque ne connaît plus de bornes. « Il nous faut des prêtres civiques, des évêques civiques, une religion toute civique ! » Pour que rien ne manque au ridicule de cette pièce, elle se termine par un hommage aux vertus domestiques de Mirabeau proclamé le Père de la nouvelle Eglise. Cet incomparable morceau destiné à être en-