‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 127 sur 373 · IRRITATION DU PEUPLE DE PARIS CONTRE LES INSERMENTÉS · texte numérisé non relu

IRRITATION DU PEUPLE DE PARIS CONTRE LES INSERMENTÉS

voyé dans chaque département, chaque district et chaque section est signé par l'évêque et par son secrétaire : Courte-Queue*. On peut se figurer reflet que produisait un tel langage sur les adhérents de l'ancien clergé. Quelques mois plus tard Gobel présidait une farce ridicule qui mêlait le carnaval aux cérémonies les plus saintes de FEglise. Des enfants qui avaient fait leur première communion entre ses mains avaient été promenés dans Paris avec grand fracas. Au club des Jacobins, ils avaient rendu compte des principes qu'on leur enseignait : « Vous avez mis au grand jour, leur faisait-on dire, cette vérité sublime répétée tant de fois, mais en vain, par Voltaire, sous le règne des despotes : « La vertu des humains n'est pas dans la croyance. » Gobel, on le voit, n'avait pas beaucoup de chemin à faire pour inaugurer le culte de la Raison. On présenta ces intéressants néophytes à l'Assemblée. Leur orateur récita en leur nom un discours sottement pompeux où il acclama la Révolution et demanda que ces enfants de la religion pussent devenir les enfants de la patrie par l'adoption de l'Assemblée nationale, puis tous prêtèrent en chœur le serment civique. Le grave Treilhard qui présidait la séance répondit sur le même ton : « Il n'existe plus d'enfance, dit-il, quand il s'agit de la patrie et les glaces de la vieillesse se fondent et s'animent pour la défense de l'empire. » La gauche applaudit et demanda l'impression de ces chefs-d'œuvre. Sur quoi là droite éclata en rires ironiques, traitant de mascarade la scène qui venait de se passer. Il s'ensuivit une dispute des plus orageuses où l'on fut bien près de passer des gros mots aux gourmades, digne conclusion de l'exposition des communiants de Gobel. Décidément le clergé constitutionnel était mal représenté au centre des lumières.

L'irritation populaire ne faisait que s'accroître contre les prêtres qui avaient refusé le serment. D'ignobles caricatures les livraient au mépris public. Les fêtes de Pâques qui devaient poser devant la conscience de chaque fidèle la grande question qui divisait le pays enflammèrent les passions de la foule. Quelques cou-

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