‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 128 sur 373 · ARRÊTÉ DU DIRECTOIRE SUR LES TEMFLES DES DISSIDENTS · texte numérisé non relu

ARRÊTÉ DU DIRECTOIRE SUR LES TEMFLES DES DISSIDENTS

vents non supprimés avaient été l'objet d'indignes violences au commencement du mois d'avril sous prétexte que les offices y avaient été célébrés par des prêtres réfractaires1. Des religieuses avaient été fustigées en public. La municipalité dut faire afficher une proclamation pour mettre fin à ces scènes hideuses qui offensaient autant la pudeur publique que la liberté, tout en promettant que des mesures seraient prises pour que les églises de l'Etat fussent interdites aux réfractaires2. Ces troubles motivèrent un arrêté de la direction du département de la Seine portant que les temples qui ne seraient pas reconnus nécessaires au culte constitutionnel seraient vendus et affectés par les acquéreurs aux usages qui leur conviendraient. 11 fut clairement stipulé que les particuliers seraient libres d'atfecter tel ou tel édifice religieux à la célébration d'un culte quelconque, à la condition de placer sur la porte extérieure du temple une inscription pour indiquer son usage et le distinguer des églises appartenant à la nation. L'autorisation du département était déclarée nécessaire pour cette inscription pendant le cours de l'année 1794. On craignait sans doute qu'elle ne contînt quelque appel détourné à la résistance ou quelque provocation à l'émeute. Dans les départements l'agitation n'était pas moindre. Les jours marqués pour la prestation du serment étaient des jours terribles. Les magistrats en écharpe et suivis de la force armée se rendaient dans les églises à l'heure du service et s'efforçaient souvent d'obtenir de gré ou de force le serment civique. En Champagne un curé fut tué d'un coup de fusil devant l'autel au moment où il expliquait son refus de serment3.

Déjà la majeure partie du haut clergé avait émigré. La plupart des évêques avaient passé à l'étranger, mais de là ils agissaient avec d'autant plus d'ardeur sur leurs anciens diocèses et employaient tous les moyens pour stimuler l'esprit de résistance. Il ne servait à rien au roi d'avoir sanctionné les décrets. On savait

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