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LE ROI EMPÊCHÉ DE SE RENDRE A SAINT-CLOUD

qu'au fond il n'avait pas cédé et que sa piété scrupuleuse s'alarmait de recevoir les sacrements d'un prêtre constitutionnel. Comme il ne donnait aucun éclat à ses sentiments particuliers, le plus sage eût été de les respecter. Il eût été difficile sans doute de reconnaître comme chapelain officiel un prélat qui avait refusé de se soumettre au serment, mais il fallait fermer les yeux sur la conduite privée du roi, et ne pas gêner sa liberté individuelle. Et cependant une émeute populaire l'empêcha de se rendre à Saint-Cloud pour faire ses pâques. Elle avait été provoquée par une affiche que le club des cordeliers avait fait placarder le dimanche 27 avril et qui était ainsi conçue : « La société, sur la dénonciation à elle faite que le premier fonctionnaire public de la nation souffre et permet que des prêtres réfractaires se retirent dans sa maison et y exercent publiquement, au scandale des Français et de la loi, des fonctions publiques qui sont interdites par elle; qu'il a même reçu aujourd'hui la communion pascale et entendu la messe d'un des prêtres réfractaires, elle dénonce aux représentants de la nation ce premier sujet de la loi, comme réfractaire aux lois constitutionnelles. » On s'imaginait que le roi partait pour rejoindre les évêques réfractaires. Il dut se rendre le 17 avril au sein de l'Assemblée pour y faire reconnaître sa liberté d'aller et de venir, dont il trouva plus prudent ou plus habile de ne pas user pour le moment. «Il est étonnant, avait dit le roi, qu'après avoir donné la liberté à la nation, je ne sois pas libre moi-même1. »

Se fondant sur l'arrêté du directoire du département qui permettait la location des édifices religieux pour un culte quelconque, quelques citoyens avaient loué l'église des Théatins pour l'ouvrir à des prêtres non assermentés. Le directoire avait accepté l'affiche suivante : Edifice consacré au culte religieux par une société particulière. Paix et liberté. Le peuple de Paris avait une belle occasion de montrer son respect pour la liberté, car il s'agissait de maintenir le droit d'une minorité dont il détestait les principes. Malheureusement sous

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