‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 135 sur 373 · IL ÉCARTE TOUS LES SOPHISMES · texte numérisé non relu

IL ÉCARTE TOUS LES SOPHISMES

des applications du principe? La liberté ne serait donc qu'un dépôt d'abstractions dont le législateur se serait réservé la clef, pour n'en laisser sortir que peu à peu, et à son gré, quelques parcelles propres aux circonstances. Si telle est la liberté qu'on veut nous donner, elle ne vaut pas la Révolution. » A ceux qui objectaient que la liberté religieuse est pleine de périls parce qu'elle agite les esprits, Sieyès répondait que toute liberté offre les mêmes dangers. D'ailleurs ces périls s'accroissent de tous les efforts que l'on fait dans l'Assemblée pour s'opposer à une tolérance universelle. Cette tolérance universelle, on en veut bien tant qu'elle profite aux cultes auxquels on est indifférent, mais on la restreint, on la refuse, dès qu'on est en présence du culte dont l'exercice libre blesse les opinions du moment. Alors qu'on ne parle plus de liberté religieuse et qu'on fasse une loi de proscription qui ne permette plus d'ambiguïté. — Cette loi, le comité ecclésiastique aura beau la préparer , elle aura beau sortir de l'initiative de cette partie du comité « qui semble n'avoir vu dans la Révolution qu'une superbe occasion de faire l'apothéose des mânes de Port-Royal, » le directoire la repoussera comme attentatoire aux droits primordiaux inscrits dans la déclaration des droits. Comme conclusion à cet admirable discours dont nous avons voulu donner une idée complète, parce qu'il mérite d'être relu dans tous les parquets de l'empire, Sieyès demandait « que l'Assemblée nationale déclarât : que les principes de liberté religieuse qui avaient dicté l'arrêt du 11 avril du directoire de Paris étaient les mêmes qu'elle avait reconnus dans sa déclaration des droits. »

Lanjuinais, qui devait s'illustrer plus tard par sa défense courageuse des grands principes de justice et de liberté, prit cette fois la question par le petit côté et insista sur l'incompétence du directoire pour prendre de tels arrêtés. Il eut même l'apparence de refuser la liberté religieuse aux insermentés, bien que le funeste décret du serment eut déjà coûté, selon ses propres expressions, «tant de larmes, tant de peines, tant d'inquiétudes, tant de millions, tant d'angoisses à l'Assemblée. » Un curé démissionnaire montra ce qu'on pouvait attendre de son parti en fait

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