‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 143 sur 373 · SITUATION DU PAYS · texte numérisé non relu

SITUATION DU PAYS

pecter Dieti dans la conscience humaine. Ils donnèrent au monde ce honteux spectacle de voltairiens persécuteurs. Gardons-nous au reste d'oublier en les jugeant tout ce qui les excuse, tout ce qui était propre à envenimer la lutte, tout ce qui la compliquait en mêlant les plus tristes passions réactionnaires à une cause sainte^ car derrière les confesseurs qui ont toute notre admiration, nous retrouvons les émigrés alliés à l'étranger et les intrigants exploitant jusqu'au martyre.

Donnons un rapide aperçu de la situation du pays sous le rapport religieux à l'ouverture des débats de l'Assemblée législative. La prestation du serment et le remplacement des prêtres non jureurs continuent à provoquer une agitation plus ou moins redoutable selon les départements. Tantôt c'est le parti de la Révolution qui est le plus fort, et alors les réfractaires subissent toute espèce de mauvais traitements ; on leur fait attendre ou bien on leur refuse le payement de leurs pensions. Tantôt c'est le prêtre assermenté qui est chassé à coups de pierres; c'est ce qui arrive dans les communes où il n'a trouvé que quelques électeurs pour le nommer. Les prêtres réfractaires ont conservé le droit de dire la messe dans les églises du clergé constitutionnel ; ils peuvent aussi louer des locaux pour y célébrer leur culte après une déclaration faite aux autorités municipales, mais ils sont constamment frustrés de ces droits, par les violences indignes dont ils sont l'objet , et qui deviennent pour eux l'occasion de nouvelles persécutions , car on leur impute jusqu'aux émeutes dont ils sont les victimes et on met à leur charge les explosions de la colère publique contre eux. Si dans les campagnes ils ont souvent conservé leur ancien ascendant, dans les villes ils sont à la merci des tumultes populaires. On eût pu croire qu'à Paris ils rencontreraient plus de tolérance que dans les départements, d'autant plus qu'ils avaient pour eux tout le parti constitutionnel. Lafayette, avant de se démettre du commandement général des gardes nationales, recommanda instamment dans sa proclamation d'adieu le respect de la liberté religieuse : « La liberté, disait-il, ne serait point suffisamment établie chez nous, si l'intolérance des opinions

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