VIOLENCES POPULAIRES CONTRE LES INSERMENTÉS
religieuses se couvrant du manteau de je ne sais quel patriotisme osait admettre l'idée d'un culte dominant et d'un culte proscrit l. » Le directoire ersévérant dans sa ligne de conduite publia une proclamation très ferme à la suite d'une odieuse agression de la populace qui avait envahi le collège des Irlandais, rue des Carmes, pour empêcher la célébration du culte insermenté , blessant ainsi à la fois la liberté civile et les droits de l'hospitalité, comme le portait la proclamation. Le directoire déclarait que les quelques mesures de précaution qu'il avait décidées pour la célébration du culte n'étaient pas applicables à un établissement fondé par des étrangers et il recommandait à la municipalité « de veiller à ce qu'il ne fût plus à l'avenir porté aucune atteinte à la liberté religieuse ni au droit qu'a tout individu de pratiquer à sa manière et de faire exercer par qui il lui plaît le culte religieux qu'il juge à propos de préférer, quel que soit ce culte, tant qu'il ne trouble pas la tranquillité publique 2. » La municipalité était animée d'un tout autre esprit et fort disposée à servir les passions du peuple des faubourgs. Au lieu de se conformer à l'arrêté du directoire pris en avril, elle avait la prétention de placer chaque lieu de culte appartenant aux prêtres non assermentés sous la surveillance du curé constitutionnel du quartier. Elle n'avait permis au mois d'octobre qu'à cette condition la réouverture de quatre nouvelles églises. Une telle autorisation était dérisoire et ne pouvait être acceptée honorablement 3, car les catholiques dissidents n'étaient nullement disposés à admettre cette haute juridiction du clergé dont ils s'étaient séparés. Les violences de rues se renouvelaient tous les jours et s'attaquaient lâchement aux êtres faibles et désarmés. Au collège des Irlandais, des femmes furent fouettées au sortir de l'église. Au séminaire des Irlandais une femme fut brutalement arrachée au confessionnal. La maison des Anglaises au Jardin des Plantes