ÉTAT DE LA VENDÉE
fut le théâtre de scènes analogues. La police municipale n'était intervenue que pour donner satisfaction à la populace en fermant les églises attaquées. Un magistrat près duquel une plainte avait été déposée, se borna à dire que le peuple ri était pas mûr. A la suite de ces outrages les catholiques de Paris non rattachés au nouveau culte envoyèrent au roi une adresse pour exposer leur triste situation. « Sire, disaient- ils, les catholiques de Paris se voient depuis plus de six mois exilés de leurs temples, privés de leur culte, en butte à tous les outrages du fanatisme sans qu'ils aient fait entendre une seule réclamation. Disciples d'un Maître qui , mourant sur la croix a prié même pour ses bourreaux , enfants d'une religion dont la première loi est la charité, et le premier bienfait la paix , ils ont cru devoir étouffer d'abord leurs plaintes et concentrer en eux-mêmes les élans de leur douleur, mais à présent que la promulgation des lois constitutionnelles a dû calmer l'effervescence des esprits, nous osons vous parler de nos droits à la liberté commune, et demander pour l'exercice de notre culte la protection des lois. Nous ne désirons, ni ne voulons que la paix ; la Constitution du royaume nous donne des droits ; il est temps que nous puis1 sions en jouir. » Les pétitionnaires avaient le tort de ne pas se contenter du libre exercice du culte public, mais de demander encore que l'Etat leur abandonnât gratuitement des temples. C'était sortir du droit commun et affaiblir leurs justes réclamations *.
Dans les départements l'attitude du clergé insermenté était plus hardie parce qu'il était souvent soutenu par les populations. On peut s'en convaincre par la lecture du rapport rédigé par Gallois et Gensonné, qui dès le mois de juillet avaient été envoyés en mission par l'Assemblée nationale dans l'ouest de la France *. Ils trouvèrent la Vendée fort disposée à se soumettre au régime nouveau pour tout ce qui ne concernait pas la religion. « Ce peuple, disaient-ils, éloigné du centre commun