SOULÈVEMENT DANS LE MIDI
qu'on avait représentés comme des factieux. Ils demandaient simplement qu'on leur laissât leur curé. « Il est encore un point, disent les rapporteurs sur lequel tous les habitants de la campagne se réunissaient : c'est la liberté des opinions religieuses, qu'on leur avait, disaient-ils, accordée, et dont ils désiraient jouir. Le même jour et le jour suivant, les campagnes voisines nous envoyèrent de nombreuses députations pour nous réitérer la même prière. Nous ne sollicitons d'autre grâce, nous disaient-ils unanimement, que d'avoir des prêtres en qui nous ayons confiance. Plusieurs d'entre eux attachaient même un si grand prix à cette faveur qu'ils nous assuraient qu'ils payeraient volontiers, pour l'obtenir, le double de leur imposition. Ces mêmes hommes qu'on nous avait peints comme des furieux, sourds à toute espèce de raison, nous ont quittés l'âme remplie de paix et de bonheur lorsque nous leur avons fait entendre qu'il était dans les principes de la Constitution nouvelle de respecter la liberté des consciences. » Ces paroles d'un des chefs de la Gironde renferment la plus sévère condamnation de toutes les mesures de la Révolution ; dans les affaires ecclésiastiques elles prouvent que la guerre civile pouvait être évitée par une pratique loyale de la Constitution. Quelle condamnation pour toute espèce de mesure de salut public ! Reconnaissons que si elles violent le droit elles ne sauvent rien, pas plus la sécurité que l'honneur.
Tandis que la Vendée se préparait au soulèvement, des causes analogues amenaient les mêmes effets sur d'autres points du pays. A Montpellier la populace avait troublé la célébration de la messe par un prêtre insermenté dans l'une des églises concédées aux deux cultes. Les catholiques avaient repoussé ces indignes attaques en poussant ce seul cri : Ouverture des églises l Liberté des cultes 1 / C'était en appeler de la Révolution furieuse à la Révolution sage et libérale, de celle qui parlait dans les carrefours et les clubs à celle qui par la voix de Mirabeau avait proclamé la tolérance universelle. Malheureusement, tandis que les popula-
i. Séance du 17 octobre 1791.