AVEUGLEMENT DE LA COUR DE ROME
tions catholiques étaient sincères dans la revendication de ce grand principe et étaient soutenues par un nombre considérable de prêtres courageux qui s'exposaient pour elles à tous les périls, les chefs du parti royaliste à l'étranger cherchaient à exploiter l'agitation des consciences, lis ne songeaient qu'à reslaurer l'ancien régime et à relever avec lui ces mêmes principes persécuteurs qu'ils condamnaient avec tant d'indignation quand ils étaient tournés contre eux. Nous avons une preuve frappante de cette anomalie dans un mémoire de l'abbé Maury au saintpère sur les déterminations qu'il doit prendre à l'égard de l'Eglise de France. Ce curieux document, bien que d'une date un peu postérieure à l'ouverture de l'Assemblée législative, révèle clairement la vraie pensée des meneurs du parti catholique, au moment où les simples combattants qui n'avaient pas le secret de leurs chefs se couvraient d'une gloire si pure en souffrant et en mourant pour la liberté de conscience. Cette liberté est niée avec cynisme dans le mémoire du fougueux et incorrigible abbé. Il réclame ouvertement la reconstitution de tous les privilèges de l'ancienne Eglise, la restitution de ses propriétés, l'abolition de toutes les précautions prises par la monarchie contre les biens de mainmorte; la consécration des abus les plus détestés et tout d'abord le maintien de la révocation de l'Edit de Nantes.
On lit dans ce factum les paroles suivantes : « Un grand roi que tout le monde reconnaît à ce seul titre, Louis XIV, qui avait si bien étudié l'esprit de sa nation, avait appris par les désastres de ses prédécesseurs et par son expérience personnelle que le caractère français ne pouvait pas s'allier avec l'exercice public de deux religions parallèles, et que pour eux il en est en quelque sorte da l'unité d'un culte national comme de l'unité de lEtre suprême. C'est-à-dire que si l'on veut en admettre plusieurs, il n'en existe plus aucune. » Maury déclarait que la participation des protestants à la Hévolution française justifiait la révocation de l'Edit de Nantes et qu'il fallait revenir aux traditions du grand règne en foulant aux pieds une vaine philanthropie; il ne proposait rien moins que de retirer l'état civil aux réformés et rédamait