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MESURES CONTRE LES ÉMIGRÉS

lieu d'y prendre part. » Cette indifférence au fond était la plus grande marque de respect qu'un corps politique pût donner à la religion1. Nous voilà bien loin de Bossuet et de Rousseau. Ce jour-là le poëte fut vraiment un vates, un prophète. Malheureusement il n'était pas lui-même à l'Assemblée pour défendre ces grandes idées qui seules pouvaient opérer par la liberté la réconciliation entre l'Eglise et l'Etat. Nous allons les voir timidement défendues, et pourtant incessamment ramenées devant le pays par les complications croissantes de la lutte religieuse.

La question du clergé insermenté fut constamment à l'ordre du jour de l'Assemblée législative; les troubles qui éclataient dans les départements la ramenaient presque tous les jours, elle était chaque fois résolue avec une sévérité d'autant plus grande que le roi opposait plus de résistance aux violents décrets fulminés contre les réfractaires. Tout se réunissait pour exciter les esprits. L'émigration se préparait ouvertement à faire la guerre à la Révolution et il était évident pour tout le monde qu'elle avait son plus sûr allié dans le clergé insermenté. Aussi toutes les fois que la Révolution porte un coup aux émigrés, du revers de sa main elle frappe le clergé dissident. Les mesures d'exception provoquées contre les Français sortis du pays sont en quelque sorte à double tranchant et correspondent à des mesures non moins violentes contre les ecclésiastiques qui refusaient le serment. Dès l'ouverture de la session les deux questions se mêlèrent d'une façon inextricable. Cependant le premier débat sur les prêtres réfractaires ne faisait pas pressentir les mesures iniques auxquelles on allait sitôt se laisser entraîner. Rien, au reste, sauf une seule exception, de plus pâle et de plus confus que ce débat. Les grandes voix de la Constituante ne sont plus là et les orateurs les plus distingués de la Législative se tiennent encore sur la réserve. La lutte a lieu entre des hommes médiocres dont la parole n'a ni flamme ni éclat, bien qu'elle soit souvent pleine de fiel. L'Assemblée est d'ailleurs encore inexpéri-

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