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PREMIERS DÉBATS SUR LES INSERMENTÉS

mentée; les propositions les plus bizarres se multiplient et la discussion flotte au hasard sans pouvoir se prendre à rien de précis ; elle ne laisse pas d'être égayée par des motions du plus haut comique, comme celle de Jean-François Duval qui après s'être proclamé enfant de la nature, noble de par la grâce de la charrue, comme le pourraient prouver les bœufs, purs et incorruptibles témoins de ses travaux, propose que tout prêtre insermenté qui n'aura pas promis une entière soumission aux lois soit tenu de porter sur son vêtement, à la hauteur du sein gauche, un écriteau portant ces mots : Prêtre suspect de sédition. Le ridieule n'empêchait pas la violence, car la prison et l'exil devaient être infligés, d'après le facétieux laboureur, à tout ecclésiastique qui n'aurait pas fait acte de soumission implicite à l'autorité civile *.

La question qui se posa de suite avec une netteté parfaite, était celle de savoir si l'on suspendrait la Constitution pour frapper et écraser le clergé dissident, si, non content de lui refuser la liberté des cultes, on lui retirerait les droits reconnus à tous les citoyens. ïl s'agissait donc de décider si l'on fonderait la liberté par la liberté ou bien si on lui donnerait l'arbitraire le plus odieux pour garantie. Le trop fameux Couthon provoqua le débat dès le 7 octobre par une sorte de cri de fureur contre le clergé réfractaire. Il insinuait déjà que les formes de la justice devraient être écartées par la raison qu'il serait difficile de se procurer des preuves contre les prêtres rebelles dans les pays soumis à leur influence. Huit jours plus tard un député inconnu , Lejeune, précisa les vagues accusations de Couthon, et déclara que la Constitution n'avait pas de pire ennemi qu'un prêtre séditieux et fanatique et qu'on ne devait se préoccuper que des dangers qu'il faisait courir au pays. «Il n'est point question de la liberté religieuse, disait-il, mais du salut de l'Etat. » Lejeune prit soin de montrer immédiatement qu'un tel principe ouvrait la porte à toutes les mesures arbitraires, car il proposa que les ecclésiastiques non assermentés

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