‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 157 sur 373 · Séance du 24 octobre · texte numérisé non relu

Séance du 24 octobre

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v210 BEAU DISCOURS DE DUOOS.

constitutionnelle ? Je vous proposerais, si l'article qui garantit les pensions ecclésiastiques ne s'y opposait, de supprimer tout traitement des ministres du culte à la charge de l'Etat et d'en charger les localités. » La proposition moins radicale de Montèze de ne pas imposer le clergé constitutionnel aux paroisses qui n'en voulaient pas, à la condition qu'elles payeraient leurs prêtres 9 fut appuyée par plusieurs députés. Ramond s'éleva avec force contre cette espèce de religion d'Etat bâtarde que la Constituante avait établie en rattachant les ecclésiastiques aux institutions politiques, et en établissant un clergé salarié qui s'enrichissait des tributs des citoyens, même de ceux pour lesquels il n'existait pas. N'osant encore proposer la pleine séparation de l'Eglise et de l'Etat, Ramond demandait que tous les cultes fussent salariés par l'Etat et que chaque fraction de cinquante citoyens actifs formant une Eglise à part eût le droit de participer au budget1. Evidemment un tel projet était chimérique, mais il était plus équitable que celui qui existait et il devait ramener par les difficultés de l'exécution à l'égalité des cultes dans la liberté et à leur pleine indépendance vis-à-vis du pouvoir civil. Deux des principaux Girondins s'élevèrent avec force contre les mesures d'exception. Ducos s'attacha à réfuter les indignes sophismes qui distinguaient entre la liberté de conscience et la liberté du culte. Il ne pouvait être question dans la déclaration des droits de la liberté des opinions toujours insaisissable au despotisme, mais bien de la liberté de leur manifestation qui seule était en cause. C'est donc cette liberté qu'il fallait consacrer et maintenir, sous peine de voir éclater un fanatisme ardent, provoqué et justifié par d'injustes répressions. « Le problème à résoudre, disait très bien le jeune orateur qui se montra ce jour-là un fidèle disciple de Mirabeau, est donc celui-ci : en établissant la liberté de tous les cultes, comment empêcher qu'aucun d'eux ne devienne partie constituante de l'ordre social ? Il est évident que le culte qui entrerait dans la constitution de l'Etat ferait éprouver une grande injustice à tous les autres. S'il est injuste et

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