‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 170 sur 373 · MAUVAIS TRAITEMENTS INFLIGÉS AUX RÉFRACTAIRES · texte numérisé non relu

MAUVAIS TRAITEMENTS INFLIGÉS AUX RÉFRACTAIRES

excitaient une fermentation croissante dans les paroisses auxquelles on avait arraché leurs anciens curés. Ailleurs, dans les départements de la Haute-Garonne, de la Loire-Inférieure, de l'Ille-et-Vilaine, de la Mayenne et de Maine-et-Loire, les prêtres, sans être incarcérés, sont obligés de se réunir au chef-lieu, quelques-uns y sont violemment traînés; là ils sont L'objet d'une surveillance inquisitoriale, et, ce qui est pour eux le comble de la persécution, on leur interdit de dire la messe. A Nantes, ils devaient se présenter deux fois par jour à l'appel nominal. Tous les prêtres qui, dans le département d'Ille-et-Vilaine, se refusèrent au serment civique furent dirigés sur Rennes. On ne leur interdit pas seulement la célébration de leur culte, mais encore on leur défendit, sous peine de l'incarcération, de se réunir au nombre de plus de trois. Les mêmes faits se reproduisirent à Angers et à Laval. Bientôt on ne se contenta plus de punir les ecclésiastiques ; on s'attaqua également aux fidèles. A Rennes, ils devaient payer 6 francs d'amende quand on les avait surpris assistant à une messe interdite. La force armée dissipait leurs réunions de culte. En vain les adhérents du culte insermenté se cachaient dans les appartements les plus reculés, ils étaient espionnés avec soin et la découverte d'un calice ou d'un ornement sacerdotal les exposait à de sévères pénalités ou à de mauvais traitements de la part de la populace.

Heureux les réfractaires quand ils étaient traduits devant les tribunaux! ils y trouvaient encore une justice presque équitable, mais la plupart du temps ils étaient placés sous le coup des mesures violentes que décrétaient d'office les directoires ou les municipalités. Ils ne jouissaient d'aucune sécurité même dans les villes où les directoires étaient favorables à la liberté des cultes. C'est ainsi qu'à Auch la municipalité fit fermer une chapelle du couvent des Carmélites où la messe avait été célébrée sans entraves par des prêtres insermentés, malgré les efforts énergiques du directoire.

La résistance des autorités vraiment libérales eut pour seul résultat d'amener de graves scènes de violence. Les couvents de femmes, qui n'avaient pas encore été fermés et où dominait Finis

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