‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 171 sur 373 · PERSÉCUTION DAXS LES COUVENTS DE FEMMES A PARIS · texte numérisé non relu

PERSÉCUTION DAXS LES COUVENTS DE FEMMES A PARIS

fluence des réfractaires , étaient particulièrement désignés à la fureur populaire. On peut juger par ce qui se passa au mois de mars 1792 au couvent des Dominicaines de Paris des cruelles persécutions qui furent infligées dans toute la France aux religieuses demeurées fidèles au saint-siége. Une bande de forcenés s'étaient précipités dans le couvent, menaçant de tout enfoncer si le prêtre assermenté n'était pas reçu immédiatement. « Je craindrais , écrit la supérieure au pape, d'affecter trop sensiblement votre cœur paternel si j'entrais dans le détail de toutes les vexations qu'on a employées pour ébranler notre fidélité; si je lui dépeignais les attroupements furieux qui nous ont investies, les menaces continuelles de pillage nocturne, l'épouvante et l'effroi qui nous précipita aux pieds de la très sainte Vierge. Non, je ne m'étendrai point sur toutes ces persécutions personnelles, parce que nous nous réjouissons, à l'exemple des apôtres, d'être trouvées digne de souffrir quelque cbose pour le nom de Jésus-Christ et l'honneur de l'Eglise notre mère1. » La supérieure des écoles de Saint-Charles de Paris , dans une lettre également touchante , donne des détails analogues sur les persécutions qu'elle a subies Elle raconte que, sur son refus de recevoir le nouveau curé qui n'était à ses yeux qu'un intrus, celui-ci s'est adressé au club voisin et s'est assuré le concours d'une bande de forcenés pour lui faire violence. Le dimanche des Rogations, suivi de ces hommes en guise de procession, il franchit le seuil du couvent. « Ouvrez votre chapelle, dit-il, sonnez votre cloche. » ce Je refuse l'un et l'autre, raconte la supérieure; les cris redoublent, les haches sont distribuées; on escalade le mur du jardin. Mes fidèles compagnes et moi , retirées dans une chambre et prosternées aux pieds du crucifix, nous attendons la mort; nous offrons nos vies à Dieu. » La supérieure eut la douleur de voir une de ses sœurs ouvrir la chapelle au prêtre assermenté; elle résista à toutes les obsessions et après être restée trois jours entiers au milieu des soldats, elle fut obligée de disperser la communauté et de prendre la fuite *. Si de pareilles scènes se passaient a Paris, on peut

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