‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 173 sur 373 · RAPPORT LIBÉRAL DE CAH1ER-GERVILLE · texte numérisé non relu

RAPPORT LIBÉRAL DE CAH1ER-GERVILLE

déclarons à Votre Majesté que nous sommes soumis à toutes les autorités publiques et qu'à l'exemple de Jésus-Christ nous mettons au nombre de nos devoirs d'acquitter nos impôts. Nous déclarons que les plus constants et les plus ardents de nos vœux ont pour objet le retour de la paix dans l'Eglise et dans l'Etat. Toute notre résistance se borne à croire formellement que le culte constitutionnel n'est pas le culte catholique et à enseigner qu'il ne l'est pas. Ce seul point excepté, nous sommes intacts dans notre soumission à l'ordre civil et aux lois; nous sommes innocents non-seulement aux yeux de Dieu, mais encore aux yeux de la loi l. » Il eût été de bonne politique de s'emparer de ces déclarations et de ne pas pousser à bout un parti qui eût été lié par ses promesses de soumission, sous la réserve de respect de ses droits.

Tel était bien l'avis du ministre de l'intérieur , Cahier- Gerville, dans le rapport présenté par lui à l'Assemblée le 18 février. Après avoir tracé un tableau rapide de l'agitation religieuse dans les départements où il signalait un fanatisme égal dans les deux camps, il résuma son appréciation par ces paroles significatives : « Si d'un côté l'on voit les fanatiques, de l'autre on voit les persécuteurs, et il semble que la tolérance soit exilée de ce royaume. Dans tous les départements la liberté des cultes a été plus ou moins nulle; les administrateurs ont pris des arrêtés vexatoires que le roi ne peut s'empêcher de condamner comme contraires à la Constitution. Leur crime s'excuse par la difficulté des circonstances. Ils ont mis au-dessus de la loi ce qu'ils ont regardé comme l'intérêt public. Ils ne sont pas assez pénétrés de cette vérité que quand la loi est faite, le salut public est dans sa rigoureuse observation. Qu'importe à l'Etat qu'un citoyen aille à la messe ou qu'il n'y aille point ? Tout ce que peut faire une bonne constitution, c'est de favoriser toutes les religions sans en distinguer aucune. Il n'y a point en France de religion nationale. Chaque citoyen doit jouir librement du droit d'exercer telle pratique religieuse que sa conscience lui

1. Jct'ger, Histoire de l'Eglise de France sous la Révolution, III, p. 107.

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