NOUVEAU BREF DU PAPE
prescrit, et il serait à désirer que l'époque ne fût pas éloignée où chacun payera son culte. » Le ministre hâtait de ses vœux le moment où l'état civil ne serait plus constaté par les prêtres , et il terminait son rapport par ces mots remarquables : « L'intérêt des prêtres ne doit entrer pour rien dans les combinaisons du législateur. La patrie attend une loi juste qui puisse entrer dans le code des peuples libres et qui dispense de prononcer ces mots : Prêtres et religion. » On ne pouvait mieux dire, c'était le pur esprit de 1789 dégagé de toute inconséquence et c'était le sûr remède aux maux intérieurs du pays. Ce rapport fut très applaudi , mais n'amena pas l'Assemblée à abandonner cette funeste politique des mesures de salut public que le ministre avait si justement blâmée. 11 ne put malheureusement longtemps représenter la modération dans le conseil du roi, car le mois suivant le ministère était dissous: le ministre des affaires étrangères Delessart était traduit devant la haute cour d'Orléans ; la Gironde imposait ses hommes au prince, et l'austère et rude Roland, moins libéral que démocrate, remplaçait Cahier-Gerville au département de l'intérieur. L'intolérance révolutionnaire était désormais appuyée par le chef de l'administration et elle allait infailliblement se déchaîner à son aise.
Le 19 mars le pape avait lancé un nouveau bref, plein de félicitations pour les prêtres non jureurs. Ce bref était surtout destiné à réfuter les principes gallicans formulés dans l'exposé des principes signé par dix-huit évêques constitutionnels. Il était d'un ton assez modéré et il se bornait à réunir en un seul monitoire le deuxième et le troisième avertissement qui devait précéder la condamnation définitive des récalcitrants. Le même jour Pie VI publia un autre bref qui conférait aux anciens évêques et aux administrateurs de leurs diocèses tous les pouvoirs nécessaires pour absoudre dans les cas réservés au saint-siége et pour faire des ordinations en dehors des règles ordinaires. Le pape rendait ainsi possible le maintien d'une Eglise orthodoxe dans les graves circonstances de l'époque. Tout ce qui venait de Rome exaspérait les hommes qui étaient à la tête du mouvé-