DÉSORDRES DANS LE CLERGÉ CONSTITUTIONNEL
ment, parce qu'ils savaient très bien que là était le foyer le plus ardent de la contre-révolution.
Le bref du pape ne paraît pas avoir produit grande impression sur le clergé constitutionnel. Ce n'est pas que quelques-uns de ses membres les plus influents ne fussent ébranlés; Gobel avait eu des pourparlers secrets avec l'abbé Rarruel, l'un des agents les plus actifs du parti ultramontain i; mais l'âme basse de l'évêque de Paris , pouvait bien être traversée par une vague inquiétude , il n'en était pas moins incapable de prendre une résolution courageuse. La peur de l'enfer le ramenait au pape comme une frayeur plus grande en face d'un péril plus prochain devait l'éloigner de la religion elle-même et le pousser à une scandaleuse apostasie. C'était un vil et craintif ambitieux. L'évoque constitutionnel de Rouen , Charrier de la Roche, avait donné sa démission, sans passer au parti contraire; il reculait devant la persécution du clergé réfractaire et il espérait que si son exemple était suivi par les deux clergés, l'œuvre de conciliation serait très avancée2. Il n'eut pas d'imitateur. Au reste, le clergé constitutionnel commençait à se diviser ; il comptait un grand nombre de prêtres respectables qui travaillèrent courageusement à relever la religion en France, mais il avait aussi été envahi par ce qu'on peut appeler l'écume de l'ancienne Eglise, et il comptait dans ses rangs quelques hommes perdus de mœurs et des clubistes forcenés. La question du mariage des prêtres s'agitait depuis quelques mois. Elle avait été résolue législativement, car l'Assemblée avait décrété que les pensions seraient continuées aux ecclésiastiques qui se marieraient. Plusieurs curés constitutionnels avaient profité de cette autorisation, mais le sentiment catholique, même dans l'Eglise constitutionnelle en avait été profondément froissé. Aubert, vicaire de Sainte-Marguerite, à Paris, avait donné un grand éclata son mariage, et n'avait réussi qu'à produire un affreux scandale dans sa paroisse du faubourg Saint-Antoine; il avait eu recours lâche-