‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 176 sur 373 · CONTINUATION DE M- PERSÉCUTION · texte numérisé non relu

CONTINUATION DE M- PERSÉCUTION

ment à la tumultueuse approbation des clubs. De là des scènes déplorables bien faites pour déconsidérer la nouvelle Eglise et la Bévolution, car l'Assemblée eut le tort et le ridicule d'accorder les honneurs de la séance au couple clérical après un discours du marié qui insinuait que la Bastille avait été prise pour faciliter son hyménée. Il fut maintenu à son poste, malgré son évêque, de par la grâce des clubs1. Plus tard, malgré d'énergiques réclamations de plusieurs curés de Paris, il fut nommé à la cure des Petits-Pères et installé en grande pompe ; sa femme occupait une place d'honneur dans le chœur. Si les jours de la persécution n'étaient pas venus pour le clergé constitutionnel, il n'eût pu se relever du discrédit auquel le condamnait l'insultante protection des ennemis du christianisme. 11 est certain que l'on avait déjà formé le projet d'avilir la religion afin de s'en débarrasser plus tôt. Mais il fallait auparavant briser les prêtres réfractaires et depuis l'entrée des girondins au ministère rien ne fut épargné pour réaliser ce dessein.

Le boucher Legendre avait brutalement mais fidèlement rendu l'intention des jacobins quand il s'écria à la tribune de ce club : « Que le prêtre réfractaire soit puni sévèrement; qu'il porte sa tête sur l'échafaud ou son corps aux galères. Quand un cultivateur trouve une chenille, il la met sous son pied. » Au moment de Pâques les violences contre le culte des insermentés redoublèrent. A Lyon leurs églises furent envahies par la populace, et les émeutiers obtinrent en récompense de la municipalité la fermeture de toutes les chapelles des couvents. L'église de Sainte- Claire, qui n'avait pas été interdite, fut le jour même de Pâques le théâtre des scènes les plus scandaleuses. Des femmes furent couvertes de boue, puis traînées dans les rues de la ville devant les magistrats en écharpe, témoins silencieux de ces infamies. Peu s'en fallut que la conscience même du roi ne fût violentée directement. Guadet avait préparé une lettre impérative qui devait être signée par ses ministres el où on lui intimait de changer son confesseur. Dumouriez eut le bon esprit de s'opposer à

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