‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 177 sur 373 · ABOLITION DU COSTUME ECCLÉSIASTIQUE · texte numérisé non relu

ABOLITION DU COSTUME ECCLÉSIASTIQUE

ce projet en disant qu'il ne permettrait pas qu'on écrivît au roi au nom du conseil, sur les affaires de sa conscience; qu'il pouvait prendre un iman, un rabbin, un papiste ou un calviniste pour le diriger sans que personne eût le droit de s'en mêler *. La sagesse eût conseillé d'appliquer cette règle à tous les citoyens, mais le parti ardent était de moins en moins incliné à la modération. Ce n'est pas au moment où les girondins avaient mis à la mode le bonnet rouge et tout fait pour surexciter la fièvre révolutionnaire qu'ils eussent été disposés à respecter les scrupules religieux. L'Assemblée, aiguillonnée par un ministère qui représentait fidèlement l'opinion de la majorité, marche résolûment et rapidement à ses fins, qui étaient l'avilissement de la royauté et la mise hors la loi du clergé réfractaire. Elle commença par achever la destruction de tout ce qui subsistait des anciens ordres religieux. La Constituante n'avait pas osé dissoudre de suite les corps enseignants; ils avaient à beaucoup d'égardsbien mérité de la France. La Législative voyait en eux les derniers remparts de l'ancienne Eglise et elle avait hâte de les réduire en poussière. On choisit avec un rare à propos le vendredi saint, 6 avril, pour porter ce coup si sensible aux cœurs catholiques. Lecoz, évêque du département d'Ille-et-Vilaine, essaya inutilement d'empêcher cette exécution sommaire. La discussion générale fut immédiatement fermée et le député Lagrevol obtint que l'on fit disparaître l'exception maintenue en faveur des sœurs de charité qu'il traita de vermine. Tomé réclama au moins le respect pour les ordres illustres que l'on supprimait, mais il aggrava en définitive la portée de la loi en demandant en termes peu convenables la suppression du costume ecclésiastique. L'Assemblée, en adoptant cette mesure, oublia combien les signes visibles ont d'effet sur des populations ignorantes et quelle irritation sa décision allait exciter bien inutilement dans les campagnes. L'évêque de Limoges, aussitôt la résolution de Torné votée, déclara qu'il sacrifiait ses vêtements épiscopaux pour l'entretien d'un garde national et Fauchet mit

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