‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 178 sur 373 · ROLAND FAVORISE LES PERSÉCUTIONS ILLÉGALES · texte numérisé non relu

ROLAND FAVORISE LES PERSÉCUTIONS ILLÉGALES

instantanément sa calotte dans sa poche; ce qui parut superbe aux tribunes.

Le ministre Roland sut avec un art habile entretenir et accroître l'irritation de l'Assemblée contre le clergé réfractaire. Le 16 avril il vient annoncer que des troubles ayant éclaté dans l'Aveyron, l'opinion en a accusé les prêtres non jureurs et que l'on a demandé leur transportation. La municipalité de Montmeyran a arrêté leur expulsion et le calme a été rétabli, bien que la mesure fût inconstitutionnelle. L'Assemblée comprit parfaitement que ce récit renfermait un conseil. Le 23 avril Roland attira de nouveau l'attention de l'Assemblée sur les troubles religieux. Il en fit un tableau effrayant dont il chargea les couleurs à plaisir, et il fut impitoyable pour les prêtres réfractaires qu'il représenta comme des forcenés, semant partout dans les communes et les familles la haine et la discorde. Il reconnut hautement l'illégalité flagrante de la répression; car il apprit à l'Assemblée que les autorités départementales ou municipales dans la plupart des départements avaient appliqué le décret du 29 novembre comme s'il avait eu force de loi et n'avaient tenu aucun compte du veto du roi. Les prêtres insermentés avaient été internés au chef-lieu et placés sous une sévère surveillance. Bien loin de blâmer ces actes, inconstitutionnels au premier chef, le ministre rapportait avec une évidente approbation l'apologie qu'en présentaient leurs fauteurs. « Que peut la tolérance religieuse disaient ceux-ci, contre l'orgueil et l'avarice des prêtres? Ce n'est point une multitude mutinée qui se soulève contre les non-conformistes, c'est la voix de la nation entière. » Roland demandait, non pas que l'on cessât ces arrêtés illégaux, mais qu'on les rendît constitutionnels, en votant des mesures plus énergiques et en contraignant le roi à les sanctionner. Il donnait clairement à entendre que l'Assemblée devait condamner les réfractaires à la déportation, car il citait avec éloge une lettre du directoire de Strasbourg qui réclamait un décret de ce genre. Merlin appuya fortement le ministre; il proposa, aux applaudissements de l'Assemblée, qu'on chargeât sur des vaisseaux tous les prêtres perturbateurs et qu'on les envoyât en

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