RAPPORT DE FRANÇAIS DE NANTES
Amérique. Vergniaud demanda qu'on régularisât les mesures de violence en provoquant un nouveau rapport du comité des douze. «Il est temps, dit-il, de déclarer la guerre à vos ennemis, puisqu'ils vous la déclarent, mais de la leur déclarer au nom de la loi.» Il est facile de se figurer quelle garantie d'équité devait offrir une loi destinée à être une machine de guerre. Français de Nantes déposa le 26 avril le rapport qui avait été demandé au comité des douze, chargés de la préparation des lois pour la tranquillité intérieure duroyaume. C'est le morceau le plus ridiculement ampoulé et déclamatoire qu'on puisse imaginer; il couvrait des fleurs les plus fanées de sa rhétorique un abominable projet de proscription. L'orateur se livrait aux insultes les plus outrageantes contre la religion. Il regrette amèrement le temps où les premiers hommes consacraient des autels décorés de feuillage à un Dieu primitif qui paraît se confondre singulièrement pour lui avec le Dieu des jardins. Il est impossible de tirer une idée nette de ce galimatias sentimental, si ce n'est la condamnation formelle de toute religion positive et spécialement du christianisme. C'est surtout contre le pape que Français de Nantes se livre à sa verve insultante. Il le représente comme un prince burlesquement menaçant qui cherche à prendre l'attitude du Jupiter tonnant, mais ses traits impuissants viennent s'émousser contre le bouclier de la liberté placé sur le sommet des Alpes. 11 le compare à un fantôme de théâtre que des décorateurs font paraître à leur gré ; et il annonce en ces termes la fin prochaine de son pouvoir : « Bientôt les esclaves d'un prêtre se rappelleront qu'ils furent autrefois citoyens de.Rome. Ils diront: C'est ici que vécut Brutus, et l'Italie sera libre. » Passant de ces considérations tout à fait déplacées à la tribune nationale, aux circonstances du moment, Français de Nantes reconnaît que l'on en a beaucoup exagéré la gravité, que s'il règne de l'elfervescence dans les départements, la grande majorité des citoyens est néanmoins tranquille, et il attribue à la peur et à l'exagération le tableau effrayant qui a été tracé de l'état du pays. Et cependant il conclut en réclamant les mesures les plus sévères contre ces mêmes prêtres dont il vient de contester l'influence et que par une