‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 18 sur 373 · DISTINCTION ENTRE LE HAUT ET LE BAS CLERGÉ · texte numérisé non relu

DISTINCTION ENTRE LE HAUT ET LE BAS CLERGÉ

novateurs les plus hardis défendre la cause de la tolérance par des mesures intolérantes, sacrifier, eux aussi, à la fausse unité religieuse et sous prétexte d'affranchir la conscience, la violenter outrageusement chez leurs adversaires. D'un autre côté, ceux-ci, assaillis à leur tour dans ce for intérieur qu'ils n'avaient pas respecté chez leurs frères, blessés dans ces droits sacrés qu'ils n'avaient pas admis aux jours de leur prospérité , se relèveront, sous l'opprobre et la persécution, et sans le savoir travailleront par leurs souffrances à conquérir cette liberté de conscience qu'ils n'avaient su m comprendre ni protéger contre le despotisme du pouvoir civil, acclamé par eux tant qu'il s'était fait leur docile instrument.

Cet aperçu de l'état du clergé français serait incomplet si nous ne parlions que de ses hauts dignitaires. La noblesse y occupait toutes les charges lucratives et toutes les positions brillantes; le souffle de rénovation qui passait alors sur l'aristocratie et qui lui avait fait courir la glorieuse aventure de la guerre d'Amérique, avait atteint les prélats gentilshommes, mais sans ébranler leurs préjugés ecclésiastiques proprement dits; ils y demeuraient invariablement fidèles, à l'exception de Lefranc de Pompignan, archevêque de Vienne, et du jeune évêque d'Autun ; il est vrai que celui-ci avait la vocation ecclésiastique au plus faible degré imaginable. 11 n'en était pas de même du clergé inférieur. Mal payé, tenu dans la dépendance de ses supérieurs, il était disposé à un mécontentement continuel. Sorti en grande partie de cette bourgeoisie intelligente et énergique qui sentait que son jour était venu, il était imbu de ses opinions. Il comptait dans ses rangs un certain nombre de jansénistes qui appartenaient d'avance au parti du mouvement, car ils avaient les plus justes griefs à faire valoir contre l'ancien ordre de choses. C'est à leurs dépens que l'union de l'Eglise et de l'Etat s'était resserrée étroitement depuis un siècle. Les couvents encombrés d'hommes sans vocation religieuse cachaient dans leur retraite plus d'un agitateur dangereux, encore inconnu à luimême. Sur l'ensemble, les opinions du clergé inférieur ne dépassaient pas la mesure d'un libéralisme modéré mais très ferme

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