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LA PERSÉCUTION REDOUBLE EN PROVINCE

litique du veto royal si violemment attaquée. Mais en juillet 1792 il servait de bien peu de chose d'avoir raison, surtout quand on opposait une parole mesurée à une harangue échauffée du feu des passions du moment et animée d'une éloquence poétique et grandiose. Le discours de Vergniaud, lu avec enthousiasme par toute la France, porta le dernier coup à la monarchie et ranima partout la persécution des prêtres réfractaires.

L'évêque Tomé, qui jusqu'alors avait défendu la liberté des cultes et qui venait de se rallier au jacobinisme le plus furieux, traita d'anarchique le veto du roi et désigna les prêtres persécutés comme les martyrs du pouvoir absolu. Il demanda ouvertement la suspension de la Constitution en développant cette odieuse maxime que le salut du peuple est la loi suprême. « Ne dites plus, ajouta-t-il, la Constitution ou la mort, mais dites : la mort du peuple par la Constitution. » Ces conseils ne furent que trop bien suivis.

Les mesures les plus iniques furent prises contre les réfractaires et exécutées avec une brutalité sans pareille dans plusieurs départements. Les prêtres insermentés subirent partout le contre-coup du 20 juin. On les entassa dans les prisons de Lyon, de Châlons-sur-Saône et d'Angers. Dans cette dernière ville, ceux d'entre eux qui avaient été jusqu'alors logés chez les habitants, furent enfermés dans des locaux insuffisants où ils soutiraient horriblement de la chaleur. Des scènes semblables se passèrent à Dijon et dans le Morbihan. Le directoire du Finistère prononça l'exil des réfractaires comme si le veto eût été levé. La province devenant intenable aux membres du clergé insermenté, par la difficulté d'y trouver des retraites sûres, ils affluèrent à Paris. Ils y prenaient tous les déguisements et gagnaient leur vie en se livrant à quelque métier comme la boulangerie ou le jardinage. D'autres s'engageaient dans les chantiers et sous des vêtements grossiers allaient retirer le bois flotté de la Seine *. Même avant septembre, plusieurs prêtres furent massacrés. Aux Vans, dans l'Ardèche, Bravard, prêtre de la con-

l. Jauger, M, p. 244-261.— Barruel, I, p. 180.

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