NOUVELLE FORMULE DU SERMENT
La persécution religieuse ne s'arrêta pas un seul jour pendant cette période de la Révolution; elle tendit de plus en plus à envelopper tous les prêtres indifféremment. Cependant le clergé insermenté eut pendant longtemps l'honneur des plus grandes souffrances. La formule du serment avait été modifiée depuis l'abolition de la royauté. L'Assemblée législative, le jour même où elle avait suspendu Louis XVI, avait décrété pour tous les fonctionnaires le serment à la liberté et à V égalité l. Cette nouvelle formule au premier abord semblait plus acceptable que celle qui réclamait une adhésion formelle à la constitution civile du clergé. Pourtant elle entraînait l'acceptation du nouvel ordre de choses ; il fallait souscrire à la liberté et à l'égalité telle que la voulait la Convention après l'avoir fondée sur l'immolation du roi et sur ses terribles lois de proscription. La conscience s'alarmait d'une approbation qui devenait tous les jours plus difficile 2. Le nombre des prêtres insermentés ne diminua pas et leurs souffrances ne firent qu'augmenter. Les alarmes causées par le soulèvement de la Vendée et la révolte de Lyon accrurent les rigueurs contre eux. On les considérait comme les principaux moteurs de la contre -révolution à l'intérieur et à l'extérieur. On rendit un décret sévère contre ceux des réfractaires émigrés qui seraient saisis sur le territoire français et les visites domiciliaires furent autorisées dans toutes les maisons où l'on pouvait supposer qu'ils fussent cachés. Il fut décrété dans la séance du 18 mars 1793 sur la proposition de Charlier que quiconque reconnaissait un émigré ou un prêtre déporté qui serait rentré en France était autorisé à l'arrêter et à le faire conduire dans les prisons du département pour être exécuté dans les vingt-quatre heures. Les prêtres réfugiés à l'étranger tombaient sous le coup de la terrible loi contre les émigrés qui les déclarait bannis à perpétuité, morts civilement, et prononçait contre eux la confiscation de leurs biens 3. Plus le pays était menacé