‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 197 sur 373 · DÉBAT SUR LA TRANSPORTATION · texte numérisé non relu

DÉBAT SUR LA TRANSPORTATION

au dehors par les armées ennemies, à l'intérieur par la sédition et la guerre civile, plus les prêtres réfractaires étaient poursuivis avec acharnement et traités avec barbarie.

La Législative avait décrété l'extradition des insermentés; ce fut l'occasion d'une multitude de meurtres. Les populations fanatisées par les clubs se précipitaient sur leur passage, leur demandaient de prêter le serment civique et trop souvent les massacraient sur leur refus persistant et héroïque. Parfois on les dépouillait avant de les embarquer et même on tirait le canon sur les barques qui les emportaient. C'est ce qui arriva au Havre, à Dieppe, à Rouen et à Quillebœuf *. Quand la Convention remplaça l'extradition par la déportation (27 avril 1793), le voyage des prêtres vers le lieu de leur emprisonnement, en attendant un départ toujours différé, était un long supplice. On peut s'en convaincre par la relation de l'un d'eux qui faisait partie du convoi des réfractaires envoyés en mars 1793 du département de la Nièvre à Nantes. Arrivés dans cette ville, ces malheureux prêtres furent jetés pêle-mêle sur un bateau, exposés aux plus mauvais traitements, et ils seraient morts de faim sans la charité des Nantais. La gangrène se déclara au milieu d'eux et leur seule consolation était de communier ensemble deux fois par jour. Ils furent enfin conduits à Saint-Nazaire et à Brest mais non sans que leurs rangs eussent été singulièrement éclaircis par la mort2. La Convention avait décrété que les prêtres réfractaires seraient déportés en Guyane. Danton demanda, le 23 juillet, qu'on ne mît pas ce décret à exécution. «Il ne faut pas, dit-il, nous venger du poison que nous avons reçu du nouveau monde en lui envoyant un poison non moins mortel. C'est dans l'empire du saint-père qu'il faut concentrer ce méphitisme sacerdotal. » Lacroix proposa qu'on les jetât en prison et qu'on leur fit gagner leur vie par de rudes travaux. Robespierre insista sur l'exécution « du sage décret » qui éloignait du sol français la peste conta-

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