‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 208 sur 373 · RECRUDESCENCE DE LA TERREUR · texte numérisé non relu

RECRUDESCENCE DE LA TERREUR

pas que la victoire ait déserté son drapeau le jour où une seule couleur n'a plus effacé les deux autres, le jour où il n'a plus été rougi au pied des échafauds. Ceux-là déshonorent la patrie qui prétendent qu'elle ne pouvait être sauvée qu'à ce prix. Qu'ils n'oublient pas que les crimes auxquels ils font cet honneur lui ont suscité bien plus de périls qu'ils n'en ont surmonté.

C'est surtout depuis le mois de septembre 1793 que la terreur fût déchaînée. Elle sortit tout armée de la séance du 5 sur la sommation impérieuse d'une de ces députations du peuple de Paris qui dictaient ses volontés aux législateurs. « Plaçons la terreur à l'ordre du jour, » s'était écrié le lâche Barrère, ce scribe docile de tous ceux qu'ils redoutaient. Le décret qu'il proposa organisa une armée révolutionnaire de six mille hommes chargée d'écraser partout la contre-révolution ; la peine de mort fut prononcée contre quiconque achèterait ou vendrait des assignats. Le tribunal révolutionnaire fut divisé en quatre sections pour hâter les jugements. Les visites domiciliaires de nuit furent autorisées. La terreur devint ainsi le résumé de toute la politique révolutionnaire. Suspendue sur la tête des généraux s'ik ne remportaient la victoire ou même s'ils en profitaient mal, elle les envoyait, sur un soupçon, de leur tente à l'échafaud, comme on peut s'en convaincre par la condamnation de Custine et de Houchard. Elle arrachait le député à son banc s'il avait molli un jour ou s'il lui avait refusé un gage. La nuit elle planait sur la ville entière et fondait comme la foudre sur toutes les maisons, aussi bien sur celles de la bourgeoisie libérale que sur les palais de l'aristocratie, et encombrait ainsi les prisons d'une foule mêlée où la guillotine faisait quotidiennement une affreuse trouée, sans empêcher l'invincible gaieté française de se jouer de ses bourreaux derrière les grilles fatales. Le 3 octobre, la Convention décréta la peine de mort dans les vingt-quatre heures pour tout prêtre sujet à la déportation, rentré en France, qui serait porteur de quelque signe contre-révolutionnaire ou suspect d'entretenir quelques rapports avec l'émigration. La déposition de deux témoins était déclarée suffisante. Dans la séance du 27 février 1794 , il fut décrété que tout recours au tribunal de cassation

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