‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 209 sur 373 · LA COMMUNE DE PARIS A LA TÊTE DU MOUVEMENT ATHÉE · texte numérisé non relu

LA COMMUNE DE PARIS A LA TÊTE DU MOUVEMENT ATHÉE

était interdit aux prêtres arrêtés. En octobre, Marie-Antoinette, après avoir subi toutes les hontes d'une affreuse captivité, est traînée au tribunal et se relève sous Foutrage avec une fière dignité qui va remuer jusqu'au cœur des mégères rassemblées pour l'insulter. Quelques jours plus tard l'hymne patriotique des Girondins marchant à la mort fait pâlir leurs vainqueurs. Jamais ils n'apparurent plus grands que sur la charrette. Bailly les suit de près ainsi que Barnave. Les deux premières générations de la Révolution sont ainsi fauchées et frayent la voie à la troisième. Ce n'est pas assez de frapper les plus nobles des vivants, on fouille les tombeaux et la cendre des rois déposée à Saint-Denis est jetée dans la fosse commune. Il n'est pas étonnant que ce soit précisément à ce moment que la Révolution dans sa rage d'en finir avec le passé ait essayé de traiter Dieu comme elle avait traité la royauté.

Ce fut la commune de Paris qui prit, au mois de novembre 1793, l'initiative du mouvement athée. Elle agit bien moins par fanatisme que par calcul. Le doucereux Ghaumette et le vil Hébert songèrent bien plus à dépasser Robespierre qu'à servir une idée. Anacharsis Clootz fut seul sincère, et s'attaqua à la religion par haine personnelle. Hébert visait au rôle de Marat. Il espérait arriver au premier rang porté sur les épaules de la canaille. Ce jureur ordurier était un plat courtisan qui parlait la langue des ruisseaux pour plaire au souverain du moment, comme les marquis de Versailles se formaient naguère au beau langage des cours. Ghaumette et lui s'imaginèrent que le plus sûr moyen de l'emporter sur le comité de salut public était de s'attaquer à l'Etre suprême, que Robespierre protégeait de tout son pédantisme. C'était le jeter dans l'ombre ou le ranger parmi les défenseurs du passé. La fureur antireligieuse n'avait fait que s'accroître, grâce à la résistance prolongée des prêtres réfractaires. Il y avait là un premier point d'appui pour porter un grand coup à la religion elle-même; il était facile d'envelopper le prêtre constitutionnel dans l'impopularité de sa caste, et de présenter Dieu lui-même comme le grand ennemi des sans-culottes. La Convention n'avait-elle pas entendu et applaudi les attaques les

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