‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 216 sur 373 · LES OBJETS DU CULTE PORTÉS A LA COMMUNE · texte numérisé non relu

LES OBJETS DU CULTE PORTÉS A LA COMMUNE

assiégée d'émissaires qui venaient le sommer de se rendre au vœu général. Une affiche contre lui fut placardée sur les murs de Paris. C'était le désigner au tribunal révolutionnaire. Fourcroy, son collègue au comité d'instruction publique , le blâme ouvertement d'avoir comprimé l'élan de Fopinion et lui dit : « Il faut casser cette infâme religion. » On en voulait à Grégoire de ce qu'il cherchait à christianiser la révolution. Il n'en demeura pas moins inébranlable. Le costume d'évêque du député chrétien fut au fond bien plus respecté que le bonnet rouge de l'apostat Gobel. Il reçut même plus d'une confidence de quelques-uns des coryphées du mouvement athée qui pâlissaient en secret à la pensée du Dieu qu'ils insultaient.

Dans les séances qui suivirent celle du 7 novembre les abjurations honteuses se succédèrent sans interruption. Celle de l'évêque de la Haute-Vienne se distingua par sa platitude ; il tint à passer pour un vil hypocrite afin d'établir aux yeux de tous qu'il avait toujours été impie. « Et moi aussi, disait-il, j'étais philosophe quoique évêque. Si je ne disais pas autrefois mon secret, c'est que le peuple était superstitieux, et le gouvernement inquisiteur. Grâce à toi, auguste Montagne, il est permis de dire enfin hautement toute vérité. » Un autre évêque, Lalande , qui avait dirigé le diocèse de la Meurthe, déclara que désormais il ne voulait plus répandre que les dogmes éternels tracés dans le grand livre de la nature et de la raison. Chabot, le capucin marié, vint en son nom et au nom de son épouse faire une rétractation bien inutile, car personne ne doutait de sa parfaite impiété. Siéyès se crut obligé de rompre le silence prudent qu'il gardait depuis si longtemps, pour dire qu'il avait été victime de la superstition ; ce qui ne l'avait pas empêché de cumuler plusieurs bénéfices et de toucher encore une pension de dix mille livres dont il fit l'abandon. « Nul homme sur la terre, ajoute-t-il, ne peut dire avoir été trompé par moi. » Cela signifiait qu'il avait longtemps servi une messe à laquelle il ne croyait pas. Après les rétractations vinrent les offrandes patriotiques tirées des trésors des églises. On vit affluer à la Convention et à la commune de Paris, les chapes, les vases précieux, les ornements sacerdotaux, tous les

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