‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 22 sur 373 · LES CAHIERS DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

LES CAHIERS DU CLERGÉ

la multiplication des écoles privées; des établissements laïques de bienfaisance dans toutes les campagnes. Dans la politique proprement dite, il proclame plus haut que personne, que la nation a le droit imprescriptible et inaliénable de s'assembler pour faire des lois et voter librement l'impôt. Nul Français, assure-t-il, ne peut être forcé à payer une taxe qu'il n'a pas votée lui-même ou par représentant. Le clergé demande encore que les Etats généraux, librement élus, soient réunis tous les ans; qu'ils discutent en présence de la nation toutes les grandes affaires ; que leurs députés soient inviolables et que les ministres leur demeurent toujours responsables1. » Peut-être M. de Tocqueville a-t-il attribué au clergé tout entier un libéralisme avancé dont il n'y avait trace que dans quelques cahiers; mais il n'en est pas moins certain que pour ce qui concerne les droits politiques, le clergé n'est pas en arrière des autres ordres, qu'il est même plus libéral que la noblesse, bien qu'il soit encore très divisé sur la question du vote par tête. Reconnaissons, à son honneur, qu'il insistait fortement sur l'abolition de la traite et de l'esclavage. Mais ce libéralisme se dément dès qu'il s'agit de ses privilèges et de sa position dans l'Etat. Sauf de rares exceptions, nous retrouvons chez lui les mêmes prétentions qu'il n'avait cessé d'exprimer dans ses assemblées périodiques. Voici ce que l'on lit dans le cahier de l'assemblée générale des électeurs du clergé : « Vous imposerez à la nation assemblée le respect profond que doivent attirer à la religion chrétienne la divinité de son origine et la gravité de sa morale ; vous indiquerez aux Etats généraux les moyens de lui rendre toute l'influence qu'elle doit avoir sur l'ordre social et la liberté des peuples ; vous vous tiendrez en garde contre les insinuations frauduleuses. Vous porterez au fond du cœur et vous témoignerez en toute circonstance l'amour le plus sacré et le plus respectueux pour la personne sacrée de Sa Majesté2. » Il est juste cependant de remarquer des différences importantes dans ces cahiers. Quand ils émanent d'as-

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