‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 220 sur 373 · MESURES PERSÉCUTRICES · texte numérisé non relu

MESURES PERSÉCUTRICES

On se prosterne devant sa statue. Eh bien ! puisqu'il faut des processions, des cérémonies religieuses à la multitude, que tardons-nous d'en décerner au martyr de la démocratie ! » Sur la motion de David qui s'exprima sur le ton du plus vif enthousiasme , la Convention décida que les restes de Marat seraient transportés au Panthéon. L'exaltation pour ce monstre ne connut plus de bornes; des cantiques furent composés en son honneur; il fut mis dans des estampes à côté de Jésus-Christ, et l'on invoqua le sacré cœur de Marat. Le nouveau culte était complet : il avait des prostituées pour déesses et un homme de boue et de sang pour martyr et pour saint. Il ne lui manquait plus que de persécuter. Il ne faillit pas à cette noble tâche.

Il n'y avait rien à ajouter depuis longtemps aux mesures cruelles qui avaient frappé le clergé assermenté et supprimé la liberté des cultes en France. C'est maintenant la religion en soi qui, après avoir été insultée, va être mise hors la loi, sous quelque forme qu'elle se présente, constitutionnelle ou réfractaire. La commune fut encouragée dans ses tentatives persécutrices par la Convention qui avait applaudi aux attentats de Fouché dans la Nièvre. « Le goût des vertus républicaines et des formes austères, écrivait à ses collègues le futur ministre de la restauration , a pénétré toutes les âmes depuis qu'elles ne sont plus corrompues par les prêtres; quelques-uns de ces imposteurs s'avisent encore de jouer leurs comédies religieuses, mais les sans-culottes les surveillent, renversent tous leurs théâtres et plantent sur leurs débris l'arbre de la liberté. Vive la République 1 ! » Fouché avait fait abattre la croix dans les cimetières et l'avait remplacée par la statue du Sommeil, image consolante pour des hommes tels que lui qui avaient besoin de penser qu'il n'y avait après la mort ni réveil ni châtiment pour le crime. La commune pensa que ce qui n'était pas désapprouvé dans les départements serait trouvé bon à Paris. Elle arrêta des mesures analogues à celles qui avaient été prises dans la Nièvre pour les sépultures républicaines. Un commissaire en bonnet rouge fut chargé par

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